Archive pour le mot-clef ‘marque’

Ces packagings qui sont des marques

Le 19 octobre 2012, par Jean-Jacques URVOY
E&P packagings-marques

Certaines marques ne pourraient exister sans leur packaging. Comme je le rappelle dans ma rubrique du dernier numéro d’Etiq&Pack, le conditionnement se confond souvent avec la marque elle-même dont il est le principale repère. Le marketing traditionnel n’existe plus, la fonction packaging se redéfinit. Il est des produits comme il est des humains : on se souvient plus d’une personne ayant un gros bouton sur le nez qu’une personne lisse, sans aspérité. Qu’aurait été Charlie Chaplin sans son chapeau melon, sa canne et sa moustache ?

Et qu’aurait été Caprice des Dieux, sans son emballage ovale, si différenciant, avec son couvercle en carton repoussé, ses couleurs repérantes en linéaire, son nom de marque original et ses angelots historiques ? Le forme ovale ne se prête pourtant pas au merchandising. Mais il y a plus de 50 ans, les cm2, sur les linéaires, n’étaient pas si comptés. Aujourd’hui, les projets intègrent plus dans leur cahier des charges d’abord les contraintes merchandising, lesquelles nuisent souvent à un emballage innovant. Résultat : la rentabilité des linéaires, certes, mais plus de pauvreté dans la création de formes. L’habillage graphique doit alors compenser. Lire la suite…

Marilyn Monroe: le cinquantenaire

Le 24 juin 2012, par Jean-Jacques URVOY
marilyn_monroe

C’est le cinquantenaire de la mort de Marilyn Monroe. Tout le monde l’aime Marilyn Monroe. J’ai pu le vérifier, lors d’une soirée professionnelle dans des studios d’Hollywood: si vous lancez la conversation sur Marilyn, au risque de faire français de base, chacun est très enthousiaste et a des raisons différentes pour vous parler de « Marilyn ».  Quel que soit l’endroit du monde où l’on habite. Quel que soit l’âge, le sexe ou sa sexualité. Marilyn est une marque, un mythe, une légende. Décédée il y a 50 ans, Marilyn Monroe reste une boule de sensualité et d’amour. Aujourd’hui, de nombreux livres ont été écrits. On peut voir Marilyn Monroe nue. Marilyn est entrée dans notre inconscient collectif.

Peu importe la façon dont elle y est entrée. Par des films, par une mine naïve ou arrogante, une voix de femme volontairement transformée en celle d’une petite fille : Marilyn touche là où c’est vulnérable. L’entourage marketing de Marilyn en a fait une marque mondiale, en lui conférant non seulement une légende, mais aussi des signes d’identité : Marilyn et sa mèche blonde faussement rebelle, repère d’une génération, mythe des suivantes… Lire la suite…

Neuromarketing et études marketing

Le 28 mai 2012, par Jean-Jacques URVOY
Digital dreaming

Les révolutions du cerveau, au 21ème siècle, vont-ils bouleverser les études marketing ? Glisse-t-on vers le neuromarketing ? Déjà, médecins ou opportunistes en études sont sur les rangs et prospectent déjà les plus grandes marques, lesquelles s’apprêtent à utiliser des techniques discutables sur le plan humain, apparemment  indiscutables sur le plan scientifique. Les neurosciences ont inventé ce terme de  « science du consommateur ». Une science ? Le neuromarketing discutable ? A vérifier.

Une « science », dans un champ donné, est la connaissance relative à des phénomènes obéissant à des lois et vérifiés par des méthodes expérimentales. Ses trois composantes sont: l’observation, l’expérimentation et les lois qui en découlent. Les techniques qualitatives ou quantitatives ne sont pas une science, qui consistent à demander à un consommateur un avis forcément orienté, elles ont leur limite même si le chargé d’études est un bon professionnel. Lorsqu’on fait parler un groupe de consommateur sur un produit ou une marque, chacun donne un avis limité par rapport a sujet. Les réactions, les émotions ou les gestuelles peuvent être retenues. Lire la suite…

Nous sommes tous des héros

Le 06 mai 2012, par Jean-Jacques URVOY
Nous sommes tous des héros

Les marques, les hommes en entreprise, et nous dans la vie de tous les jours sommes tous des héros, mot assez pratique auquel on se raccroche quand les repères s’effacent. Mais qu’est-ce qu’un héros ?

Je passe vite sur l’origine du mot, qui vient du latin et du grec « heros » (c’est le même mot) qui signifie « demi-dieu de la mythologie ». On voit donc qu’à l’origine, il désigne un personnage surnaturel, intermédiaire entre les dieux et les hommes. Dès le XVIème siècle, en France, apparaît le sens de « homme supérieur, qui se distingue par ses exploits ». Au XVIIème siècle le mot apparaît au sens de « personnage principal pour une œuvre littéraire », et de « personnage qui vit des aventures extraordinaires ».

Mes héros ou héroïnes d’enfant ou de jeune adulte avaient des destins remarquables. Souvent partis de rien ou partis de tout, décédés ou vivants, ils accomplissaient un parcours qui les élevaient ou élevaient les autres. Mes héros m’ont construit, même si certains m’ont trompé. Ils s’appelaient  pêle-mêle le Capitaine Troy, Voltaire, Rahan, Jaurès, Platini, Bonaparte, Che Guevara, Jim Phelps dans Mission impossible, Mitterrand, Mick Jagger, Tintin, l’aviateur Tanguy, Françoise Giroud — allez savoir pourquoi —, Albert Schweitzer, Mata-Hari, James Bond,… et Napoléon même, avant que Malraux déclare : « Qu’aurait été Napoléon si les camps de concentration avaient alors existé ? ».

C’est plus quand on est jeune qu’on admire un héros, parce qu’on s’arrête souvent, naïvement, à l’image. Adulte, aduler une personne devient factieux, un début, parfois, d’aliénation. On régresse parfois à admirer des héros lorsqu’on est adulte, on progresse souvent lorsqu’on est enfant.

Alors, qu’est-ce qui fait un « héros » ?

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Jeux olympiques et communication digitale

Le 29 avril 2012, par Jean-Jacques URVOY
Lsa sponsor

D’après une étude de Global Language Monitor, bien que Nike, KFC, IBM et Dell ne soient pas sponsors des Jeux Olympiques, leur lien historique avec les JO et le fait qu’elles savent concevoir des campagnes digitales efficaces font qu’on pourrait prochainement les confondre avec les sponsors et les partenaires officiels des JO 2012 à Londres. Mais après tout, où est le problème?

Vous vous plaignez de voir trop les marques Hollande et Sarkozy en ce moment? C’est un bon entraînement pour les Jeux Olympiques 2012. En effet, dès le 7 mai prochain, les Jeux Olympiques de Londres vont progressivement couvrir le paysage médiatique français. MacDonald’s est toujours parmi les partenaires, tout comme EDF, qui a dépensé trois fois plus qu’elle à Pékin.
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e-réputation des marques et des dirigeants

Le 24 mars 2012, par Jean-Jacques URVOY
Reputation Management

Rumeurs, réputation… Tout peut aller très vite, malheureusement. Je me souviens de la marque Cartier, qui déployait et déploie toujours des trésors d’imagination pour supprimer tout ce qui atteignait se réputation: les démonstrations de contrefaçons écrasées par des rouleaux compresseurs, les prises de parole d’Alain-Dominique Perrin, son président. Et que fait Guerlain, sur Internet, pour gérer les dérapages de son fondateur? Hugo Boss, qui a conçu des uniformes nazis? La e-reputation devient aujourd’hui courante. Explication.

La simple agence, pour travailler avec plusieurs dirigeants sur des missions, sait de quoi elle parle. Une horde de journalistes débarquant sur un chantier de BTP alors qu’un sans papier y travaille, un dirigeant qui a prononcé une conférence maladroite déjà reprise sur Internet, une marque qui rappelle des lots litigieux, entachant en 12 heures l’image de l’entreprise toute entière… Lire la suite…

Justin Bieber, star et marque

Le 21 mars 2012, par Jean-Jacques URVOY
justin bieber

Les réseaux sociaux sont très utilisés pour promouvoir comme des marques ce qu’on appelle aujourd’hui des stars. Notez que « star » est la traduction d’étoile, et qu’une étoile est un artiste qui nous touche qui a rejoint le ciel après une notoriété populaire. Les stars sont aujourd’hui partout  et souvent psychologiquement anéantis après la vague de notoriété. Participez à une émission qui prétend faire de vous des stars et hop ! Vous êtes une star.

La lexicologie est intéressante sur ce point : la star est célèbre (donc célébrée) alors qu’elle est juste connue (notoriété). Une célébrité prend des tournures d’idoles. Prenez Justin Bieber par exemple. Lire la suite…

Serge Koster et mon blog

Le 03 mars 2012, par Jean-Jacques URVOY
koster

Serge Koster a publié plus de quinze romans. Certains couronnés par des prix. Il a longtemps été critique littéraire sur France Culture et à la Revue des deux Mondes. Mais Serge Koster est surtout celui qui m’a donné le goût du verbe, et c’est grâce à lui si mon blog est à peu près lisible, puisqu’ il fut mon professeur de français en première. Aujourd’hui, il publie: Je ne mourrai pas tout entier (Léo Scheer Ed.)

Serge Koster, né en 1940 à Paris, agrégé de grammaire, a fréquenté les lycées Lakanal, Louis-le-Grand puis La Sorbonne. Il m’a occasionnellement aidé pour des textes difficiles, donné des conseils pour la recherche de noms de marque. Il m’a confié la relecture d’un de ses manuscrits. De lui, j’ai presque tout lu, depuis Le Soleil ni la Mort où il évoque la mort de son père. Une vraie complicité est née à une certaine époque. Lire la suite…

La route de la soie et les premières marques

Le 25 février 2012, par Jean-Jacques URVOY
renkli kumaşlar

On est toujours fasciné par la route de la soie. Route mythique, la route commerciale de l’Antiquité est longue de plus de 8000 kms. Elle démarre à Xi’an, en Chine pour aller en Syrie, ou au Liban. Du Moyen-Orient à l’Europe, la route passait par la mer, La Méditerranée, qui voyait passer des bateaux chargés d’étoffes, de vases et de denrées, du Moyen-Orient à la France, à Massilia. Là, apparaissent les premières marques.

Les itinéraires terrestres ne changent pas pendant 15 ans, de -100 avant JC à la fin du 15ème siècle.  Le nom même de « route de la soie » existe seulement depuis le 19ème siècle. Le long de la « Route de la Soie », l’activité commerciale est intense. On crée des comptoirs qui, outre la soie, voient passer maintenant le thé, les épices, des épices,  la porcelaine, et le papier. Qui dit transporteur, fût-il maritime, dit marquage, préservation de l’identité. Sur les amphores, sur les caisses apparaissent alors les premiers « marquages », repérages des marchandises.

A chaque village, oasis comptoir, les cargaisons s’échangent. mais l’Orient, comme l’Occident, ne sait exactement ce qu’il y a à l’autre bout de la route: le voyage en entier dure 7 ans …

Les croyances se diffusent via le commerce, et notamment le bouddhisme. La route de la soie sera empruntée par les pèlerins bouddhistes, malgré les dangers et les pillards. Le risque est répercuté sur le prix des produits.

La route de la soie vivra jusqu’au  Moyen Âge. Les Européens créent alors une autre route: la « route des épices ». D’autres marques apparaîtront alors. Les itinéraires maritimes sont créés entre le 2ème siècle après Jésus-Christ et seront dominés par les Arabes jusqu’au 9ème siècle. Au 13ème siècle les premiers relevés et descriptions de la Chine arrivent en Occident, grâce à Marco Polo.

La Chine qui, au 20me siècle, s’éveillera.

©padovanluke/fotolia

Lesieur et les princes charmants.

Le 11 janvier 2012, par Jean-Jacques URVOY
lesieur

L’une de mes marques fétiches est Lesieur. En intégrant Carré Noir il y a plusieurs années, un tout premier projet consista à faire évoluer l’image de cette marque. L’agence de communication était Saatchi, avec Nicolas Bordas comme Directeur de Clientèle  (« Elle est bonne, et en plus elle est bonne »). Le logotype Lesieur propose comme symbole un « carré dynamique ».  Il s’agit d’un carré reposant sur une pointe, parfaitement vertical. L’origine de ce symbole n’était pas connue. Et bien évidemment, la moitié de l’équipe voulait le conserver, l’autre le supprimer. Et c’est là que sémiologues et retraités entrent en scène.

Plusieurs études avaient été réalisées. Des groupes qualitatifs, pour parler de l’évocation du symbole; une étude en EMC (état modifié de conscience) pour évaluer le poids symbolique de la marque dans l’inconscient de français, mis pour la cause sous hypnose; et des études avec plusieurs sémiologues, pour traduire ce symbole curieux: un carré dynamique rouge, constitué de quatre autres carrés. Lire la suite…