Psychanalyse et boulimie

La boulimie (du grec ancien βουλιμία, boulimía (« faim de bœuf ») est une addiction, en ce sens qu’elle repose sur le fait d’avoir une envie récurrente  et irrépressible de consommer de la nourriture malgré soi, malgré le fait que, à chaque instant, on se dit qu’il faut arrêter, sans pouvoir s’y soustraire.

Le boulimie est un trouble du comportement qui consiste à avoir toujours le sentiment de faim, ce qui conduit à ingurgiter de la nourriture sans plaisir et sans atteindre le sentiment de satiété. La boulimie concerne près de 10 % des adolescents. 90 % des personnes atteintes sont des femmes. La personne se fait parfois vomir, passe son temps et ses nuits dans la cuisine. Une crise de boulimie se déclenche lorsque la personne est fortement angoissée. La crise se calme lorsqu’elle a mangé, mais alors un sentiment de dégoût s’installe par rapport à elle-même, la dépression, la culpabilité et le manque de confiance en soi reviennent.

Centaines personnes deviennent boulimiques et d’autres en réchappent. Généralement, les boulimiques ont eu, dans l’enfance, des difficultés relationnelles avec leur entourage. Mais d’autres facteurs, encore peu expliqués, en sont la cause : l’instabilité (déménagements, absence répétée d’un parent), nutrition et manière de se nourrir (nourriture industrielle, ne pas jouer à table, etc.). L’entourage du boulimique est parfois culpabilisé : père et mère puis, dans un schéma se répétant, mari ou femme.

 

La boulimie et l’environnement

Mais comment expliquer que certaines jeunes femmes sombrent dans la boulimie et d’autres non ? Il est, aujourd’hui encore, impossible de savoir avec exactitude pourquoi certaines sont plus vulnérables que d’autres. Longtemps, des difficultés relationnelles entre les mères – ou les parents nourriciers – et leurs filles ont été incriminées. Mais l’on sait à présent que les troubles du comportement alimentaire relèvent tous d’un faisceau de causes multiples et croisées, où la génétique, la nutrition, le psychique, ou encore la société ont tous un rôle à jouer. La culpabilité de l’entourage n’est donc plus systématisée. Néanmoins, leur implication reste parfois bien réelle, notamment dans le déclenchement du trouble.

La personne boulimique se protège souvent de son environnement qui lui semble hostile en s’entourant de graisse. Elle n’assume pas son corps qu’elle veut détruire. Parfois, elle jeûne ou fait un régime. Elle subit les regards des autres : « fais un régime », « tu n’as pas de volonté ».

Il est difficile de faire prendre conscience à la personne qu’elle est boulimique. Il faut veiller à ce qu’elle soit bien entourée avant de commencer tout traitement.

Certains thérapeutes s’appuient sur la bonne volonté du boulimique, en l’envoyant chez un diététicien ou un médecin nutritionniste. La psychanalyse détermine les causes du trop-manger et, en les comprenant, le patient peut se détacher petit à petit de cet état.

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