Tout trop vite ?

Le 05 juin 2010, par Jean-Jacques URVOY
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En 1970, j’étais au lycée, un livre orienta mes décisions quant à mon devenir: « Le Choc du Futur », d’Alvin Toffler, fondateur du cabinet de prospectiveToffler Associates. Je compris plusieurs choses.

D’abord, que nous allions vivre dans une société alvéolée par typologie, mais avec des passerelles entre chaque type d’individus : cette prévision annonçait Internet, le data-mining, les groupes web. Cette typologie, née de modes de vie différents, si elle allait permettre aux hommes de se retrouver, allait aussi les individualiser au sein d’une société dans laquelle ils n’allaient pas toujours se reconnaître.

Ensuite que le futur nous annonçait un choc lié à « trop de changements dans un trop petit intervalle de temps ». Nous y sommes. Il faut suivre. Mes étudiants sont souvent dépassés, qui ne peuvent plus absorber la totalité d’un savoir mais sont amenés à devenir de multi-spécialistes.

Ces changements devaient se  traduire par la brièveté des choses, comme les produits éphémères. Ou la brièveté des endroits (les magasins, les expositions, changent et sont parfois nomades), la brièveté des relations : les « amis » des réseaux relationnels n’existent que par intérêt : l’amitié, c’est autre chose ! La brièveté des organisations et des sociétés (fusion, acquisitions, nouveaux ministères,…). La brièveté de l’information : la mondialisation exige plus d’information, mais le temps pour la lire, la voir et l’écouter se réduit.

Ces changements devaient se traduire également par la nouveauté. La nouveauté des sciences, qui anticipait sur la bioéthique. La nouveauté des relations humaines, qui anticipaient sur la déstructuration de la cellule familiale, la fin de l’entreprise en tant que projet de vie.

En 2010, soit 40 ans après Le Choc du Futur, tout s’est à peu près réalisé. Mais j’avais cru comprendre que nous serions déjà sorti d’un passage difficile correspondant à ce que Toffler appelait la « troisième vague », vague post-industrielle, et que l’ordinateur, les nanotechnologies allaient nous rendre plus heureux — si tant est que l’humanité aspire au bonheur.

Mais il n’y a pas de pause après cette vague-là et tout s’accélère, bien au contraire. Toffler s’est-il trompé ?

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