Sécurité: le nouveau langage

Le 07 juin 2011, par Jean-Jacques URVOY
urvoas
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J’ai retrouvé hier mon presqu’homonyme, le député Jean-Jacques Urvoas. J’avais voulu le rencontrer l’an dernier, et nous avions parlé de la façon de dire les choses: la sécurité autorise-t-elle des éléments de langage ? Avec quels mots traduire au mieux une politique de la sécurité? Jean-Jacques Urvoas est secrétaire national à la sécurité au parti socialiste, probablement futur ministre de l’Intérieur dans le cas où Martine Aubry serait élue. Mais il va au fond des choses, et fait précéder l’action de réflexions diverses, conceptuelles, reposant en partie sur la pertinence du langage.

Né à Brest en 1959, adhérent au PS dès 1977, Jean-Jacques Urvoas passe un DESS de communication politique et sociale à la Sorbonne et est, en 1989, Directeur de Cabinet de la Ville de Quimper, et en 2000 premier secrétaire de la fédération du PS dans le Finistère.

Se déclarant contre le cumul des mandats, il est exigeant avec lui-même: alors Conseiller régional de Bretagne, président du groupe socialiste, il démissionne lorsqu’il est élu Député de la 1ère circonscription du Finistère (Quimper). Il est plus tard élu vice-président du groupe Socialiste, Radical et Citoyen à l’Assemblée nationale.

Avec un air de ne pas y toucher, il paraît presque naïf en politique. Il me dit qu’on l’a poussé député. Une chose est sûre: il connaît bien ses dossiers, au-delà des mots. Il a de vraies nouvelles idées. Pour lui, placer la sécurité avant la liberté est une ineptie. La première des libertés est la liberté elle-même, car dans l’histoire ont existé ou existe des pays « sûrs » où il ne fait pas bon vivre!

Il critique le fait que la sécurité est devenue centrale, alors qu’elle ne doit être que transversale aux activités des hommes pour garantir une « tranquillité publique ». Ainsi, la sécurité nourrit la violence. « Mus par l’irréprochable intention de garantir la paix civile, tous ceux qui ont confié les pleins pouvoirs à la sécurité pour rétablir la concorde ont paradoxalement créé les conditions d’une discorde sans précédent dans notre histoire ».

En d’autres termes, pour lui, les pompiers se seraient faits pyromanes…

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Un commentaire

  1. Thibaut dit :

    La culture de la violence est une réalité. C’est devenu cool. On fait du rap pour les trafiquants. La police est le grand ennemi. Si t’es un mec, un vrai, t’a pas peur d’eux, tu perds pas ta fierté face au système.

    Ces messages martelés : « Banlieues, on vous a à l’oeuil. » C’est rentrer dans le jeu, l’accréditer. « Ouiach ! On est des voyous. »

    La stigmatisation, la sensation de répression, participe très clairement de la culture de la violence.

    Ce ne signifie pas pour autant que ce sont les gendarmes qui créent les voleurs, loin de là. Ce qui est clair en revanche, c’est que la manière dont on en parle, la manière dont on montre, la manière dont on oppose les gens, vient nourrir l’imaginaire des cités et participe à cette culture de fond.

    Anecdote, cela en deviens même totalement ridicule dans les « petites » cités. Dans les HLM de Garches, dans la cité hospitalière, pour être cool, il faut être une « caillera ». Vas-y que je viens tester ma testostérone, même si j’ai pas vraiment envie d’aller plus loin que les mots. Je suis cool, je suis style le gangster de la téci… A d’autres endroits, certains passent le stade des mots…

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