Mon boulanger, Facebook et l’innovation

Le 06 juillet 2012, par Jean-Jacques URVOY
Composition with bread and rolls isolated on white
14 Flares 14 Flares ×

On connait la renaissance de la boulangerie en France par l’innovation. Ou La belle aventure de Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook.  Aujourd’hui, cet entrepreneur devenu manageur, génie du marketing, une idée à la minute, a priori libre de ses choix, est condamné à l’innovation. Pour lui comme pour mon boulanger, pas de problème: l’entreprise est audacieuse et agile. Mais ce n’est pas toujours le cas.

Il est des grands groupes ou des entreprises sans agilité. Au lieu d’innover, les revenus financiers de ces sociétés soient parfois plus importants que la valeur ajoutée elle-même apportée par l’innovation. Les réponses sont à rechercher dans la culture même des entreprises, à la façon de diriger.
La France a délaissé son innovation dans les univers courants, aveuglée par la vague numérique. Il y a deux ou trois ans, un groupe alimentaire a refusé le pilotage externe d’une journée think-tank, sous prétexte que « l’innovation est un problème interne » (sic). Les directions générales, qui impriment la culture d’entreprise à leur organisation, sont en général frileuses pour tout ce qui apporte un changement. Peu de défi. Peu de challenge. Ces mots ne sont que des valeurs théoriques. Récemment, j’entendais : »Il est urgent d’attendre et de ne rien faire ». Ce à quoi j’oppose: »Attention, tout va bien ».

Les projets sont transverses. La cultre de projet, l’innovation est partout et nulle part: dans les RH, dans l’organisation, dans l’amélioration de services, dans la création de produits et de services vraiment utiles, et même dans la façon d’aborder des process.

Les dirigeants se remettent finalement peu en cause

Les dirigeants d’entreprise, entrepreneurs patrimoniaux ou salariés, ne peuvent plus circonscrire leur champ d’expertise. Tout juste appréhender les contours. Ils s’entourent alors d’experts, de consultants, d’autres directeurs. Le dernier qui parle a raison.  Résultat: les projets s’étouffent, plus personne ne sait par où les prendre. Ils ne savent pas toujours déléguer et veulent imprimer leur marque. Je pense en savoir quelque chose pour être par le passé tombé dans ce travers. On en arrive alors à des décisions absurdes.

C’est le cas pour le sur-stockage de vaccins au niveau d’un pays, d’options technologiques séduisantes mais très vite désuètes, ou plus simplement de produits ou de packagings moches, idiots et inutiles, dignes des années 70. Mais tout le monde se convainc, aveugle, du bien-fondé des décisions et est content: derrière une décision de direction générale, les cadres justifient leur poste, les prestataires facturent. Et, à terme, la logique s’arrête: le produit ou le service ne se vend pas. Et l’entreprise licencie.

Un boulanger de ma petite ville, seul à son fourneau, à l’ouest de Paris,  a su parfaire son produit, remettre au goût du jour les pains de tradition tout en en inventant d’autres. Il n’est pas le plus grand, le plus beau. Mais c’est le plus malin. Le plus simple. Et le plus fréquenté de la ville.

Il est devenu mon boulanger!

Photo: © monticellllo – Fotolia.com
14 Flares Twitter 11 Facebook 1 Google+ 1 14 Flares ×

Laisser une réponse