Marketing, politique et design : l’innovation nécessaire

Le 21 avril 2013, par Jean-Jacques URVOY
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 Designers, hommes politiques ou hommes de marketing et communication qui voulez changer le monde… Avant de vouloir changer le cours des choses par le biais d’associations,  de partis politiques, de courants philosophiques, de spiritualités douteuses, de sectes ou de religions, de concepts, commençons donc par nous changer nous-mêmes : voilà la clé du changement.

Il ne peut y avoir de changement planétaire sans se changer soi-même petit à petit, jour après jour, en toute modestie. En design, en technologie, en politique, les grandes innovations sont souvent modestes. Et elles nécessitent un calme immense dans un chaos environnant. Elles utilisent des leviers nouveaux, invisibles, anticipés.

Agir trop vite, c’est agir mal. On roule trop vite ? Mettons vite des radars et créons le lobbying  des radars. On triche fiscalement ? Vite, amenons de la transparence. Mais l’instant t n’existe plus. C’est exactement comme si l’on demandait aux voitures de rouler partout dans le monde le jour J à droite : c’est impossible. Il faut commencer rue par rue, véhicule par véhicule, en se hâtant avec lenteur.

Innover, c’est faire progresser l’humanité

Mais il faut cependant agir, là où on l’on est ! N’ayons pas peur de l’innovation. On n’a peur que par rapport à une tradition : tradition d’entreprise, de service, de langage. Tradition religieuse ou de civilisation. Evian vainc ses peurs en créant la bouteille dite « goutte d’eau ». Le groupe PPR change de marque pour Kering. TBWA et BBDP&Fils ont, les premiers, parler de disruption. En politique, l’Assemblée nationale a aboli la peine de mort, voté l’IVG et le mariage pour tous. Les véritables porteurs d’innovation ne peuvent être anti peine de mort.

Endo-changement : la condition du changement global

Innover c’est oser, c’est quitter son petit confort ! Designers, hommes de marketing et politiques, chefs d’entreprise, allez sur le terrain, dans la Cité. Pas en store-check, pas en visite médiatisée. Reprenez pied avec la réalité pour mieux innover, pour oser transformer et bâtir. Comment décider en étant coupé du terrain ?

Ce qu’on nomme ici « changement » peut s’appeler endochangement (selfchanging) :  il ne peut pas avoir de changement global, de changement mondial, planétaire, d’innovation, sans endochangement, sans changer soi-même, sans agir soi-même chaque jour. Critiquer, oui. Mais apporter chaque jour des solutions et construire. Il ne peut y avoir de changement que par soi-même et au quotidien.

Ceci va impliquer des modifications imperceptibles jour après jour mais perceptibles à moyen terme et à long terme. Si déjà, chaque soir, on se demande ce que l’on a fait pour soi et pour l’autre,  et que l’on a une réponse positive, alors oui : on peut parler d’entreprise citoyenne, de vie politique réelle. Se poser ces questions est déjà bonne voie, me semble-t-il. C’est remettre en cause sa vision sur son métier, sa famille, son entreprise. En marketing, cela rappelle la valeur de marque « caring », au centre des entreprises depuis plusieurs années.

L’urgence de l’innovation

On n’a pas besoin d’autant de biens matériels. Le plaisir et le bien-être vient d’ailleurs.  On va comprendre que prendre soin de l’autre c’est donner du temps, en commençant par écouter l’autre.  Acheter des cadeaux ou donner de l’argent façon charité, ne remplaceront jamais le don du temps. Cette prise de conscience entraîne une urgence de l’innovation. qui va induire par exemple une réduction d’emballage, une réduction de transport et toute une économie liée à la préservation de la planète. Une nouvelle orientation politique aussi, forcément.

Et si l’innovation résidait dans l’urgence de survivre ?

 © HAKKI ARSLAN – Fotolia.com

 

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