Les symboliques perdues

Le 23 août 2010, par Jean-Jacques URVOY
alphabet bourgoin jallieu
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Le prochain logotype des prochains Jeux Olympiques de Londres est critiqué de toutes parts: par les professionnels jaloux qui n’ont pas travaillé sur le projet et, en général, par les plus de 50 ans. Il n’y a guère que les « jeunes » qui l’apprécient. Ça tombe plutôt bien: ils constituent le cœur de la cible de 2012, alors que le logotype, qui anticipe sur les tendances, aura été créé 10 ans plus tôt.

De la même façon, il faut saluer le fait qu’une municipalité française, Bourgoin-Jallieu, ait accepté un logotype qui utilise un langage symbolique a priori codé, mais culturellement esthétique (en vignette l’alphabet et ci-dessous le logotype). Chaque lettre est belle, tout simplement.logotype bourgoin Un logotype, un peu comme le tableau bleu de Miro où l’on chante une trace rouge et des notes noires, devrait être une musique au lieu d’être un signal, en étant prétexte à une narration. Hélas, depuis 10 ans, les logotypes, « pour ne pas être segmentants », ont perdu leurs aspérités, qu’elles soient signes, symboles figuratifs ou typographies.

Que voulez-vous alors qu’on raconte comme histoires? Envolé, le coq de Mobilier de France. Disparu, le signe d’Epeda signifiant du confort. Les typographies deviennent celles couramment utilisées dans votre ordinateur. Chaque lettre n’est plus signifiante de rien. A faire gommer d’un trait l’ouvrage de Marc-Alain Ouaknin (Les Mystères de l’Alphabet, Assouline Ed.), les enseignements de Boton, mon maître en typographie ou de Gabor.


Les logiciels de création de logotype sont apparus, qui nient le sens même de logotype: « typos » et « logos », soit « l’écriture d’un discours » d’une institution ou d’une entreprise. Il n’y a guère que Michelin qui ait intégré son bonhomme-mascotte il y a quelques années, Auchan pour défendre son oiseau, Hippopotamus pour jouer plus subtilement son hippopotame. Le nombre de logotype « carré rouge » devient innombrables.

Ce constat de pauvreté graphique, tant dans la recherche typographique que dans la quête de symbolique, est souvent contourné par l’argument de la nécessaire simplicité.

Certes, mais « simple » et « simplet », ce n’est pas la même chose. A bon entendeur…


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