Le marketing de la peur : l’exemple du dépassement des normes pour l’eau

Le 22 janvier 2013, par Jean-Jacques URVOY
La peur de l'eau
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C’est l’histoire d’une peur : la peur entretenue de l’eau du robinet. A croire qu’on veut nous faire boire de l’eau en bouteilles…  On parle en ce moment de dépassement de normes de qualité de l’eau et de potabilité. Pour assurer sa distribution en eau, en France comme ailleurs, l’Europe autorise bien évidemment le dépassement d’une limite de qualité sauf à mettre la santé des personnes en danger. Ce qui fait couler beaucoup d’encre, alors que l’eau est l’aliment le plus contrôlé de France. Point sur la question.

La gestion d’un dépassement répond à un protocole fixé par les autorités sanitaires françaises, dans le respect de la réglementation. Le préfet, le maire et l’exploitant de la distribution d’eau n’ont droit n’improvisent pas et suivent les règles. En la matière, rien n’est fait à la légère.

Le dépassement des normes de qualité de l’eau entraîne une réaction rapide de la part des autorités

Si une analyse est non conforme, le maire et le préfet sont avertis. Si le préfet estime que la distribution d’eau présente un risque pour la santé, l’exploitant applique alors des corrections immédiates (arrêt de captages, réglages, mélange d’eaux, …). Il peut aussi ordonner la restriction d’usages notamment pour certains usages ou pour certains groupes de populations (bébés, femmes enceintes…). Une information est alors diffusée.

Le dépassement des normes ne veut pas dire que l’eau n’est pas potable

Un dépassement ne veut pas dire que l’eau n’est pas potable. Les normes de qualité, nous apprend Le Centre d’information sur l’eau, sont fixées sur la base de débats scientifiques avec une marge de sécurité. Ainsi, une personne peut absorber sans danger, chaque jour de sa vie, 2 litres d’une eau qui présenterait ce fameux dépassement de qualité.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire, l’ANSES, délivre des données, telles que l’origine d’une substance dans l’eau qui serait suspecte, la part des apports, l’analyse toxicologique, les conséquences sur l’organisme, et la façon de traiter l’eau qui permettrait de supprimer le dépassement.

L’ANSES, si l’on venait à douter du fait que telle ou telle eau, à un moment donné, était cancérigène, donnerait un avis sur la probabilité d’augmentation du risque de cancer.

Les peurs sont déjà nombreuses en France, pour ne pas y ajouter celle de l’eau. Mais c’est un peu comme un serpent de mer : régulièrement, on fait peur avec l’eau, la viande,  les produits laitiers… Et si l’on parlait de l’eau qui fait du bien ?

© afxhome – Fotolia.com

 

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