Du pain et des jeux

Le 26 janvier 2012, par Jean-Jacques URVOY
colisée
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L’écran d’aujourd’hui est-il devenu le Colisée romain? Une composante essentielle du marketing est désormais la citoyenneté. On peut se demander comment on en arrive à une société de pain et de jeux, sorte de réplique sourde de la Rome antique. On pourrait rapprocher le pain de ces émissions de télévision du type « Un diner presque parfait ». La crise aide au repli sur soi et à l’endormissement: déco et cuisine deviennent culture courante. Les jeux d’aujourd’hui, quant à eux, sont démultipliés par la libéralisation de certains jeux d’argent, l’autorisation d’en faire la publicité, et la place que prennent les jeux violents sur Internet.

On me dit à l’instant qu’en cette période de crise les jeux de grattage non jamais été aussi achetés dans les bureaux de tabac. Les jeux se vendent bien, et étourdissent les consommateurs qui ont oubliés, fatigués, qu’ils sont eux-mêmes des citoyens responsables. Devant cela, le discours des marketeurs est toujours le même.

De la même façon que producteurs et présentateurs annoncent froidement que « les gens » n’ont qu’à ne pas regarder leurs émissions appelant à la part la plus sombre de l’humain (mort, maillon faible, indignité,…), on met sur le marché des jeux dont on se défend en disant: il y aura toujours quelqu’un pour en acheter, de toute façon. C’est le cas des jeux de gratouillage. Mais aussi le cas des jeux de télévision, éventuellement divertissants. Ou bien des jeux vidéo où tout est permis, même de tuer froidement, à bout portant, ce que même les guerres s’interdisent au travers d’accords internationaux.

Ces violences rejoignent ainsi, paisiblement, jour après jour, celles des cirques de Rome. Elles trouvent aujourd’hui leur prolongement en banlieue, lorsque les voitures brûlent, lorsque le rapport à l’autre s’altère. Et ceux qui prétendent que les causes n’engendrent pas les effets prennent au moins le risque de se tromper.

Ceux-là sont intelligents. Qu’ils fassent autre chose, non?

 

©Jean-Jacques Urvoy, le Colisée, Rome

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2 commentaires

  1. Urvoy dit :

    Bonjour,

    Je dis avant tout que l’énergie dépensée à concevoir un jeu video qu permet de tuer à bout portant pourrait être consacre à d’autres choses, bien plus utiles en cette période de moyen-âge.
    Voir aussi:
    http://www.gameblog.fr/news/20870-violence-et-jeu-video-interview-thomas-gaon-psychologue
    On le rencontre ensemble quand tu veux.

  2. Jean-Jacques URVOY dit :

    Oui, tu as sans doute raison, bien que je connaisse ce spécialiste en jeux videos.
    Mais je comprends au travers des commentaires que des gens sérieux diraient que mieux vaut concevoir de jeux où l’on tue à bout portant qu’autre chose. Soit.

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