Designers, un peu d’ambition!

Le 05 juin 2011, par Jean-Jacques URVOY
innovation
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L’urgence à agir devrait nous appeler à plus d’innovation, de création. Le design, au sens large du terme: organiser des signes, concevoir, innover,… devrait être un outil privilégié tant pour les PME que pour les grandes entreprises. Mais las… Coincées entre de grandes innovations mondiales comme l’iPhone et la nécessité de parer au plus pressé, les entreprises innovent très peu. Voilà la vérité.

Le développement soutenable, qui devrait être au centre de tout projet, demeure encore pour nombre d’entreprises au mieux un sujet de petit-déjeuner, au pire une exposition dans un musée. La notion d’innovation n’est pas comprise. On n’innove pas en changeant la couleur d’un produit ou en renommant un service existant. Mais qu’est-ce qu’une véritable innovation?

La véritable innovation ne peut plus se comprendre qu’en la raisonnant en termes d’accroissement d’activité. Elle doit amener une véritable valeur ajoutée, c’est-à-dire rendre une marque, une enseigne, un produit, un packaging, bref un « objet de design » incontournable. Je sais pourquoi j’ai un iPhone 4. Je sais pourquoi j’achète Lego Ninjago. Je sais pourquoi j’ai adopté facebook.

Les colloques, les associations ou les écoles qui parlent trop d’innovation deviennent parfois suspectes. En fait, les innovations sont rares. Très rares. Certes, les applications liées à une innovation peuvent être nombreuses à partir par exemple d’un textile aux propriétés nouvelles, d’un matériau nouveau à mémoire de forme, … Mais l’innovation elle-même?

La notion même de benchmarking entraîne parfois une reprise d’idée existante, certes dans un autre univers, mais existante tout de même…

Le nouveau marketing d’innovation s’opère en se projetant dans l’avenir. Il met l’humain au centre de ses préoccupations. Il ne participe plus de plans et de définitions convenues, comme les 4P du marketing (le prix pour un produit ou un service innovant, qui va m’aider et prendre soin de moi n’est plus un facteur déterminant. On parle désormais autant de marketing de services que de marketing de produit. La notion même de distribution et de communication a changé). Il ne se soucie pas des études qualitatives qui, si elles sont mal conduites, ramène l’objet de design à celui qui existait précédemment, plus convenu et plaisant forcément à tout le monde.

Les designers aspirent à créer, à innover. Ils sont souvent tiraillés (je le vois chaque semaine) entre répondre à des normes et des schémas absurdes de l’ancienne vision du marketing, souvent source d’échecs, et leur vision ambitieuse qui tient compte d’un projet d’une façon holistique et systémique, insérant ainsi l’objet de design dans la cité.

Il leur fait alors lutter pied à pied avec de arguments esthétiques, fonctionnels, techniques, mais aussi économiques, sociétaux, philosophiques.

C’est cela, un designer. Les autres ne sont que des repreneurs d’idées. Mais connaissent-ils la différence entre concept et idée?

 

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Un commentaire

  1. [...] Cet article est également paru sur le blog de Jean-Jacques Urvoy: jeanjacquesurvoy.com. [...]

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