Théodore Monod, Facebook et Twitter

Le 02 août 2010, par Jean-Jacques URVOY
Théodore Monod
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Théodore Monod, n’aurait probablement pas emporté d’ordinateur, n’aurait pas créé de blog. Il n’aimait pas les murs, n’aurait pas aimé Facebook. Le naturaliste voyageur était avant tout le scientifique et l’explorateur du plus grand désert du monde, le Sahara. Sachant être face à lui-même, il aurait préféré le calme et l’horizon toujours plus lointain du désert aux méandres des nanotechnologies.

Né en 1902, il  devient vite un élève brillant dont la passion s’affirme au cours de son adolescence pour les sciences naturelles. À 20 ans, en 1922 devenu naturaliste au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, il est envoyé sur les côtes de Mauritanie pour y étudier les poissons. Il découvre alors le désert saharien. À la fin de sa mission il décide de partir de Port Étienne à St Louis à dromadaire à travers la Mauritanie. Un itinéraire de 800 kms. De ce jour, un méhariste était né et le continent africain ne cesserait de le fasciner durant plus de 70 ans.

Sa curiosité insatiable le conduit à parcourir des milliers de kilomètres à travers le Sahara et à réaliser la première géologie de l’Adrar de Mauritanie. En 1940, ses découvertes en botanique, en préhistoire, en zoologie le poussent à fonder à Dakar un organisme scientifique, l’Institut Français d’Afrique Noire.
L’IFAN regroupe de nombreux scientifiques afin de récolter des données sur le continent africain afin de mieux le faire connaître.

Membre de l’Académie des Sciences, Théodore Monod sera très tôt reconnu par ses pairs. Il ne sera découvert du grand public qu’en 1989, grâce au film « le vieil homme et le désert ». Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont le plus célèbre est Méharées. En novembre 2000, à 98 ans, Théodore Monod le scientifique, l’humaniste et l’homme de foi passe sur l’autre rive nous laissant le souvenir d’un des savants les plus doués et le plus attachant du vingtième siècle.

Aujourd’hui, le site theodoremonod.com, d’où est tiré une partie de ce texte, propose une exposition itinérante à sa mémoire. Réécoutons la chanson d’Alain Souchon:

(…) La nuit, quand je dors, je pars avec Théodore dehors, marcher dans le désert, marcher dans les pierres, marcher des journées entières, marcher dans le désert, dormir dehors couché sur le sable d’or, les satellites et les météores (…) Il faut un minimum: une bible, un cœur d’or, un petit gobelet d’aluminium (…) Le cœur durci, on est si loin de l’air, on est si loin du vent, si loin du grand désert, si loin de l’océan; alors la nuit quand je dors, je pars avec Théodore, dehors, marcher dans le désert (…), chercheur de trésor, de brindille et de phosphore, d’amour humaine et d’effort. On s’ennuie tellement…

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