Régis Debray, la médiologie et le sacré

Le 19 août 2010, par Jean-Jacques URVOY
Debray
0 Flares 0 Flares ×

Régis Debray est un personnage de roman, un héros de cinéma et je m’étonne qu’aucun film sur lui ne soit envisagé. Il m’a donné un texte dans LE DESIGNER (Eyrolles Ed.). J’ai donc eu l’occasion de le rencontrer et de parler avec lui. La médiologie, qui est entre autres l’étude des supports de transmission du savoir, et dont il est le fondateur, s’installe doucement. A suivre.

Après Normale Sup et son agrégation de philosophie en 1965, Régis Debray part à Cuba puis suit Che Guevara en Bolivie où il est capturé en 1967, torturé. Il restera incarcéré durant quatre ans. Libéré, il rencontre Allende et Neruda. Il rentre en France en 1973.

En 1981, François Mitterrand le nomme chargé de mission pour ses relations internationales. Avec Serge Klarsfeld, il organise l’enlèvement de Klaus Barbie, alors tortionnaire en Bolivie, afin d’obtenir son jugement en France. Secrétaire Général du Conseil du Pacifique Sud, puis maître des Requêtes au Conseil d’État, il démissionne en 1992.

Responsable du Pavillon français à l’exposition universelle de Séville, il passe une thèse de doctorat : « Vie et mort de l’image. Une histoire du regard en Occident », sous la direction de François Dagognet, lequel écrira l’ouvrage : « Faut-il brûler Régis Debray ? »

Il sera ensuite directeur au Collège international de philosophie, président du Conseil scientifique de l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques et de l’Institut européen en sciences des religions.

Actuellement, Régis Debray se tourne à la fois vers la médiologie et le rôle du religieux.

La médiologie (néologisme formé sur medium et logos, discours), sert à désigner un domaine d’études et étudie les véhicules de transmission, les « médiums », dont il rend compte dans sa revue Médium, créée en 2005. Quant au rôle du religieux, Régis Debray affirme qu’il n’y a pas de société sans transcendance. De même qu’un état laïque a ses obligations morales, ce n’est pas parce qu’on est athée qu’on n’a pas de valeurs sacrées. Cette transcendance est nécessaire à la cohésion sociale.

Médiologie et sacré se rejoignent alors : Régis Debray affirme que ce sacré serait déterminé par la technologie de la transmission d’information, la médiologie donc, qui s’intéresse aussi à l’étude des supports de transmission de message, qui selon lui ont transformé les mœurs, les rapports au pouvoir, au savoir. Ces supports sont la Bible,  l’invention de l’imprimerie qui diffuse les livres, le savoir.

Et évidemment Internet.

0 Flares Twitter 0 Facebook 0 Google+ 0 0 Flares ×

Laisser une réponse