Les jeux en ligne sont-ils dangereux?

Le 10 mars 2011, par Jean-Jacques URVOY
Brain computer game pad
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Thomas Gaon, psychologue clinicien diplômé en psychopathologie clinique et en ethnométhodologie (Paris VII), travaille en addictologie (Centre Littoral, Villeneuve St Georges). Ses recherches portent principalement sur les impacts psycho-sociaux des jeux vidéos en ligne. Il a créé, notamment avec Serge Tisseron, l’Observatoire des Mondes numériques en Sciences humaines, l’OMNSH,  qui fête ses 5 années d’existence.

L’OMNSH entend décloisonner les carcans universitaires et disciplinaires à la lumière des flambeaux de la révolution numérique. Pour Thomas Gaon, « les mondes numériques accessibles aux seuls navigateurs furent trop souvent pensés sur la base de conjectures et d’hypothèses émises loin des écrans.

Aussi, le premier fondement de notre démarche observatoire repose sur la connaissance pratique du terrain ».

Thomas Gaon a travaillé cinq ans avec une crèche pour observer les enfants. Alors que certains collègues partent au bout du monde à la recherche de mondes à observer, lui a investi le monde digital.

Il considère, un peu comme Michel Serres dont nous parlions ici, que « les différentes sciences humaines sont superposables à la manière des procédés optiques cernant des périmètres variables. Elles sont autant de focales et de filtres concourant à la précision, au détourage et à la mise en lumière de nos objets de recherche. »

Il croit en la mutualisation et au partage de la science. « Dans le contexte individualiste d’une propriété intellectuelle établie dans le but de permettre au chercheur de monnayer son travail, la mutualisation apparaît comme une dilution, voire un risque de pillage. En établissant la science  comme notre priorité (…) nous valorisons l’apport de chacun et la constitution d’un savoir dégagé des contraintes individualistes et propriétaires, des impératifs de rentabilité ou de popularité ». Il veut mettre en commun des méthodes, des outils, des données, pour apporter a un soutien et stimuler une curiosité intellectuelle libre et partagée.

Dans ce contexte, il travaille désormais à l’addictologie liée aux jeux, et principalement celle des jeux en ligne. Ses recherches sont parfois édifiantes. Non, il ne faut pas laisser les enfants devant des écrans, quels qu’ils soient, lorsqu’ils ont moins de six ans. Oui, les jeux vidéos militarisés sont dangereux. Thomas Gaon pose indirectement le problème de la responsabilité des marques  dans la création de jeux et de jouets.

Un rappel salutaire, pour les marques revendiquant une certaine citoyenneté, non?


Thomas Gaon a notamment publié: « Le ressort de l’angoisse dans les jeux vidéo » in Les jeux vidéo au croisement du social, de l’art et de la culture. Questions de communication. série acte 8. Presses universitaires de Nancy. 2010. « L’échappée virtuelle : futur délice ou délit de fuite ? » in La lettre de l’enfance et de l’adolescence, revue du GRAPE, n°77, Erès, pp.77-83. « Soigner des jeux vidéo » in Mauco O. (dir.), Quaderni (« Jeu vidéo et discours »), n°67, Ed. Sapienta, automne 2008. “Psychopathologie des jeux en ligne” in Sylvain Missonnier (Dir.) Cliniques des technologies de l’information et de la communication Carnet/PSY hors-série, novembre 2007. “Des mondes numériques comme paradis artificiels” in Franck Beau (Dir.) Culture d’univers FYP Editions, Paris, 2007. “Je(u) vidéo” in Le sociographe, n°15, septembre 2004. “Jeux vidéo : l’avenir d’une illusion”, in Adolescence, n°47, 2004.

Photo: © Adrian Niederhäuser – Fotolia.com

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