Ivan Levaï et Jean Cocteau

Le 06 août 2011, par Jean-Jacques URVOY
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Dans l’article précédent, je faisais conclure Ivan Levaï par une citation de Cocteau «Jeunes hommes avides, croyez-moi. Il n’existe que deux manières de gagner la partie : jouer cœur ou tricher. Tricher est difficile; un tricheur pris est battu. Jouer cœur est simple. Il faut en avoir, voilà tout. Vous vous croyez sans cœur. Vous regardez mal vos cartes». On me demande des détails, je reprends simplement ici l’intégralité du texte d’Ivan Levaï.

Face à la vie, face au mensonge, face à l’impermanence du monde, nous n’aurions que deux manières de réagir selon Cocteau. Tricher, mentir, se mentir, dissimuler, contourner, manipuler, se cacher derrière son petit doigt, s’empêcher de penser, s’aveugler, faire semblant de ne rien voir ou regarder ailleurs, jouer les naïfs ou les imbéciles, faire comme si rien ne bougeait, se convaincre que tout est tel qu’on le croit ou que rien n’est sous notre contrôle.

Bref ainsi coiffé d’une perruque protectrice, habillé d’un costume de scène, les yeux derrière des lunettes déformantes, des bouchons dans les oreilles, nous choisirions ainsi de créer une réalité fictive pour nous maintenir dans un confort factice. Et comme la grenouille plongée dans cette casserole d’eau posée sur une plaque électrique, nous ne sentirions pas la température monter, trouvant même cette eau tiède très agréable, jusqu’à mourir sans avoir pu sauter de ce piège mortel.

L’autre voie serait de « Jouer cœur » : aimer, voir avec son cœur, suivre ses intuitions, consolider son socle de valeurs et prendre ses décisions en conformité de ses croyances profondes, embrasser le monde tel qu’il est, sentir ses mouvements, toucher du doigt les mutations, être en conscience, ouvrir les yeux, être curieux, étonné, simple, aller là où son cœur nous emmène, là où nous sommes bien, en alignement avec ce que nous sommes. Bref, tout cœur dehors, toute conscience ouverte, tout nu et vrai face à ce qui nous entoure, nous avancerions plus loin, plus vite et vers un chemin plus clair, entrainant ceux qui nous entourent dans un même mouvement.

Et Cocteau a aussi dit: « Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n’est pas simple, son présent n’est qu’indicatif, et son futur est toujours conditionnel. Ce chemin là n’est donc pas simple mais si la vie était simple, nous ne serions pas des Hommes. »

PS: Je retrouve l’origine de ce texte, en cherchant une illustration. Il constitue un article de l’excellent blog nomade en changement que j’avais mis de côté.

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