Cartier, ma marque légende

Le 14 juillet 2012, par Jean-Jacques URVOY
cartier 3 anneaux 3 ors
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Cartier m’a un jour débauché via Korn/Ferry pour lancer plusieurs produits: la lunette Cartier, l’art de la table, des briquets et des stylos. De cette période, je conserve un lien d’amitié avec Alain-Dominique Perrin, entrepreneur hors-pair. C’était la période du lancement de la Fondation Cartier, le début du groupe de luxe Richemont. On croisait encore des personnes qui disaient « la maison Cartier » dans les couloirs. Fin d’une époque, début du nouveau luxe.

Thierry Sabine, fondateur du Paris-Dakar, entre dans mon bureau, place Vendôme. Le Dakar commence demain, et il lui faut une montre Cartier. Je lui prête la mienne. On est en 1986, il mourra avec, mi-janvier, en hélicoptère, avec Daniel Balavoine. Cartier, dans les années 80, était une marque incroyable. J’ai été le premier chef de produit embauché !

Cartier: beaucoup de travail. A l’époque, une religion. En avion,  plusieurs pays par semaine. Mais passion de la marque. La marque s’est taillé une légende qui n’est pas artificielle. Elle est construite autour de Jean Cocteau (inventeur des 3 anneaux 3 ors, voir vignette ci-dessus), Coco Chanel, Serge Diaguilev, etc.). Alain-Dominique Perrin l’entretiendra. En seulement quelques années, lors de soirées de lancement de produits, organisées à Paris, Port-El-Kantaoui, Hollywood,…  j’ai pu connaître des acteurs, comme James Stewart, Alain Delon, Richard Berry; des chanteurs, comme Elton John; des gens de télévision, comme Michel Drucker, animant désespérément une soirée sous une tente dans le désert tunisien en pleine tempête; des peintres et des sculpteurs, comme César, souvent dans les couloirs de Cartier. Et Jean Todt. Je passe sur des complicités, des situations incroyables à l’autre bout du monde.

Cartier devient le groupe Richemont

C’est chez Cartier que j’ai appris de vraies méthodes de travail, le sens de la marque, le respect d’un client, la connaissance du point de vente au travers du réseau des boutiques: à l’époque, les périodes d’essai s’effectuaient à la vente. J’ai vu arriver dans le groupe, qui devenait le groupe Richemont des marques prestigieuses.

Avant la guerre du Golfe, en 1993, la marque Cartier et la marque Les Must de Cartier, trouvée en une nuit par Alain-Dominique Perrin et Philippe Bessis, longtemps Directeur de la Communication, étaient flamboyantes. La marque à qui tout réussi: contenu, discours, légende, image, expansion internationale, communication simple, essentiellement presse, focalisée produit sur un fond bordeaux.

Les passions d’Alain-Dominique Perrin

Beaucoup de travail pour bâtir le réseau mondial des boutiques Cartier, que dirigeait Michel Guten, futur président de Lancel, que je retrouverai plus tard. Alain-Dominique Perrin, quant à lui, outre Cartier, vivait d’autres passions. Dès 1984, j’étais à l’inauguration de la Fondation Cartier, à Jouy-en-Josas (la Fondation déménagera par la suite boulevard Raspail, dans un immeuble spécialement conçu par Jean Nouvel). ADP m’a emmené dans l’aventure du rachat d’EDC par ses anciens Elèves. Nos réunions de développement produits se tenaient à Cahors, au Château Lagrézette.

Mais là, on parle de vin. Et c’est une autre histoire !

Photo©site d’Alain-Dominique Perrin

 

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2 commentaires

  1. [...] maison Cartier a compris que le succès reposait sur son histoire et ses racines, la relation entretenue avec ses [...]

  2. [...] maison Cartier a compris que le succès reposait sur son histoire et ses racines, la relation entretenue avec ses [...]

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