Nutella, Post-It et la sérendipité

Le 21 avril 2012, par Jean-Jacques URVOY
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Alors que nous essayons de nous concentre sur un sujet, il nous arrive tous de divaguer un peu, de quitter le fil de notre étude. Parfois, ce vagabondage intellectuel permet les plus grandes découvertes et la création des plus grandes marques.  C’est ce qu’on appelle la sérendipité, c’est-à-dire le fait de trouver une chose alors qu’on en cherchait une autre. Cette démarche est utilisée en psychanalyse et en animation de groupe: il s’agit alors de travailler par analogie, sans barrière. La démarche stratégique, la conduite de l’innovation peut être conduite par la sérendipité. On dit par exemple que l’aspartame fut découvert alors qu’on cherchait autre chose. Court passage en revue.

Les « découvertes par accident » seraient-elles dues au simple hasard? La pénicilline par  Fleming, en 1928, est l’exemple le plus connu: il cultivait des staphylocoques et partit en vacances. A son retour, la culture était contaminée par un champignon stoppant net la croissance des bactéries: le premier antibiotique était découvert.  Et pour les marques?

En 1970, un ingénieur de 3M recherchait une nouvelle colle forte. Deux papiers étaient attachés par cette colle, et la colle, en les détachant, restait soit sur un bout soit sur l’autre. Un autre ingénieur eut alors l’idée d’enduire de cette colle les pages d’une partition musicale pour mieux les faire tenir sur le pupitre, sans les abîmer: Post-It était née.

De la même façon, Velcro a été inventée pendant la seconde guerre mondiale par un autre ingénieur, suisse.  Il a constaté que les « bourres » végétales agrippées accidentellement à son manteau après une promenade pouvait exploitées. Il remarqua par analogie que le nylon, traité sous certaines conditions, formait des crochets résistants qui s’accrochaient à n’importe quelle matière, y compris le velours:  Velcro était née (« velours » et « crochet »).

Il en va de même pour Nutella. Toujours pendant la seconde guerre mondiale, le chocolat était rare et cher. A partir de là, Pietro Ferrero invente une recette bientôt connue de tous. A Alba, au nord de l’Italie, il décide de remplacer les fèves de cacao par les noisettes du Piémont, qu’on trouve à profusion. Ferrero les concasse, y ajoute de la poudre de cacao, du lait et du sucre: il vient d’inventer le Nutella.

Le concept, le mot « sérendipité » vient de l’anglais « serendipity », lui-même dérivé de « serendip », ancien nom du Sri Lanka. Le livre « Les Trois Princes de Serendip » de l’écrivain britannique du 18ème siècle Horace Walpole, relate des héros qui trouve toujours par accident ce qu’ils ne cherchaient pas au départ.

Faisons-donc attention, une découverte est peut-être à portée de mains.

Photo: Love Janine dans 20mn
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2 commentaires

  1. Quelques pistes pour poursuivre la réflexion :
    La sérendipité mérite d’être travaillée avec attention : Peter DRUCKER, célèbre ‘gourou’ du management cite 7 sources d’innovation. Parmi celles ci, selon lui, la première est « l’imprévu » (livre « les entrepreneurs) (je préfère inattendu, car il dit « unexpected » dans l’édition originale , « Innovation and entrepreneurship »).
    Louis PASTEUR quand à lui avait précisé : « le hasard ne favorise que les esprits préparés » : on peut donc (on doit ?) se former à la sérendipité, moyen original (innovant ?) de favoriser créativité et innovation.

    (d’autres références et réflexions sur le blog http://innovationetserendipite.wordpress.com/
    JYG.

  2. [...] Formica avait été conçu pour isoler électriquement le mobilier de cuisine ou de salle de bain. Matériau sérendipitaire,  ce matériau induira une consommation nouvelle.Autres exemples, l’élasthanne, inventé et [...]

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