Archive pour la catégorie ‘Entreprise – Economie’

Qui innove vraiment en packaging ?

Le 13 mai 2013, par Jean-Jacques URVOY
cave roquefort

Prochaine rubrique d’Etik&Pack : qui innove en packaging. Lors d’un colloque récent sur l’innovation packaging organisé par l’Institut National du Packaging (INDP), des agences de design présentaient des innovations. Mais très vite, on s’aperçoit que ces innovations sont le fruit d’une collaboration étroite avec les fabricants. Et très souvent, les agences de design se cantonnent à l’habillage graphique : l’innovation provient presque toujours des industriels de l’emballage. Mais où est donc passée l’innovation chez les agences ?

On connaît le moyen mnémotechnique pour se rappeler ce qu’est le « design » : l’alliance du dessein et du dessin. Dans le « dessein », il y a tout à la fois le « but » de l’objet, du contenant, à concevoir, à la fois dans son esthétique et sa fonctionnalité. Le « dessin » est l’application de cahier des charges à la fois technique, marketing et créatif.

Les experts en marketing ne connaissent pas les techniques d’innovation

Les agences de design, en France, sont dirigées par des designers « de communication », des anciens publicitaires, des spécialistes en marketing qui, année après année, ont apporté des méthodologies marketing au cœur des préoccupations du design. Ils ont également contribué à installer la marque comme levier principal du design, puis le « branding », c’est-à-dire le nom des marques, des désignations de produit, et leur hiérarchisation sur la surface graphique des packagings.

Tout cela est nécessaire. Mais ce n’est pas suffisant. Au profit des études consommateur, du graphisme, de l’esthétique et de la dimension artistique du packaging, pourtant nécessaires, ils ont oublié l’innovation dans le conditionnement.

Les agences design françaises sont fortes en graphisme, moins en volume.

En effet, elles n’intègrent pas de façon permanente d’ingénieur design. Plus par culture que par nature. Les écoles de design d’où sortent les designers enseignent plus le design en tant qu’esthétique, moins en tant que fonctionnalité. Raymond Loewy, Français émigré aux U.S.A. avant la Seconde Guerre Mondiale, a écrit un ouvrage : « La Laideur se vend mal », dans lequel il met plus en avant la dimension esthétique du packaging. Auteur des packaging de Lucky Strike, du logotype de Shell, il était plus un designer d’apparence qu’un designer de système de conditionnement.

Les équipes de design packaging, en agence, ont suivi cette école, plus que celle de Victor Papanek, initiateur du « design responsable » (anticipant ainsi le développement durable) ou Jacques Viénot, auteur de « La République des Arts », mais également créateur du « design industriel » en France avec l’agence Technès.

A tel point qu’une innovation de conditionnement est souvent perçue comme révolutionnaire et médiatisée comme telle, alors qu’elle ne fait que redonner souvent une forme au produit : le nouveau pot Danone a changé de forme, mais il ne modifie pas la façon de manger un yaourt. L’évolution des usages, des gestuelles, de la logistique, du merchandising, entraine de vraies innovations, mais celles-ci sont plus le fait des bureaux d’études.

Le designer d’agence ou free-lance, dans ce contexte, ne fait qu’habiller l’innovation. Un nouveau bec verseur, par exemple pour une lessive liquide, est plus le résultat de recherches d’un bureau d’études. Le « design », c’est-à-dire, ici, sa forme, est créé, in fine, par un designer extérieur.

Jeter un pont entre l’industriel et l’esthétique des packagings

En fait, les innovations packagings sont dormantes. Voire inexistante. Le pont entre l’industrie et les designers semble cassé. Ou chacun pense qu’il n’a pas besoin de l’autre. Et l’on produit souvent un design inutile, laid, vite passé de mode, peu générateur d’activité.

Le pont entre les agences de design packaging et les industriels peut être assuré par un consultant, tout à la fois ingénieur et marketing, capable d’emmener une équipe pluridisciplinaire de spécialistes en injection plastique, designers volume, de graphistes, d’acheteurs, etc. Neutre, il est un investissement pour l’entreprise, et particulièrement pour les P.M.I..

Le design, dont les ancêtres sont les « Arts et Métiers » (Arts pour esthétique, Métiers pour industrialité), ou les « Arts appliqués » (l’art appliqué à l’industrie), reste partagé entre les agences (ou designers free-lance) et les bureaux d’études. Seule une harmonisation entre les deux entités permet de déboucher sur des innovations réelles et rentables.

Des innovations de toutes natures

A côté d’innovations esthétiques qui boostent les linéaires (Axe), des linéaires entiers ont été bouleversés au cours des dernières années. La plus visible depuis 20 ans est certainement celui des jambons, avec le packaging plat à opercule permettant de mettre en avant 2 ou 4 tranches de jambon, puis de poulet.

Teisseire demeure un acteur important avec son bouchon large. Les produits traditionnels restent très codés : le vin en plastique ou en brique a reculé au profit du verre, et la bière a finalement peu évolué. Le champagne a fait l’objet d’innovations liées à des packaging évènementiels (le « seau » de Veuve-Cliquot). Le linéaire fromage, admettant plus d’innovations, a vu arriver la « cave » du Roquefort (voir vignette), et des mini-portions.

Création de nom de marque : les bonnes questions et les étapes nécessaires

Le 24 février 2013, par Jean-Jacques URVOY
La main est la première marque

Les premières marques étaient probablement des empreintes de mains. Mais aujourd’hui, on ne plaisante plus avec les recherches de noms, la création d’identité visuelle. Les livres de la collection « Marques et communication » sont des ouvrages pratiques. Ils traitent de création de nom de marque et de nom de domaine, de création d’identité visuelle, de packaging, de concept de point de vente. Ils s’adressent tout aussi bien à des directeurs marketing qu’au boulanger du coin qui voudrait refaire sont point de vente en l’appelant autrement.

Créer un nom de marque reste toujours délicat. Dans un livre de la collection « Marques et communication » (Eyrolles Ed.), dirigée par Jean-Jacques Urvoy, un ouvrage très pratique, écrit par Catherine Lalane, permet de se poser 12 questions essentielles. Les voici. Lire la suite…

Comment développer ses talents ?

Le 31 janvier 2013, par Jean-Jacques URVOY
Le talent à livre ouvert

Nous avons tous une mission dans la vie, un don unique ou un talent particulier. Chacun de nous a sa propre terre promise et aspire à vivre pleinement sa légende personnelle. Celle-ci, quand nous l’honorons, nous apporte le sentiment que la vie vaut la peine d’être vécue, ce qui nous pousse à relever les challenges et les défis. Ce qui nous apporte le succès et la reconnaissance.

Chez certains, ce don, soutenu par une éducation appropriée, se développe harmonieusement tout au long de la vie. Chez d’autres, bloqué par les influences d’un environnement inapproprié, ce don reste tapi au fond d’eux-mêmes sans avoir appris à s’exprimer. Lire la suite…

Les Recycleurs Bretons : jusqu’où s’arrêteront-ils ?

Le 05 janvier 2013, par Jean-Jacques URVOY
Les Recycleurs Bretons et la voile

Les  Recycleurs Bretons, spécialistes de la gestion des déchets (métaux, plastiques, cartons, bois, béton…) et de la valorisation de la matière, disposent de plusieurs agences à Brest, Morlaix, Guingamp, Lorient. Avec le CETI (enfouissement des déchets) et la filiale Alzéo Environnement (assainissement), ils sont très présent en Bretagne.

Curieusement, on oublie facilement cette activité économique source d’emplois. Pourtant, une entreprise comme Les Recycleurs Bretons devient peu à peu l’un des fleurons de Bretagne. Elle propose des solutions pour chaque cas. Elle collecte les déchets, les transporte et les recycle. Leurs clients sont  les collectivités locales, les entreprises et les particuliers. Lire la suite…

Innovation : 2013 sera l’année du digital

Le 16 décembre 2012, par Jean-Jacques URVOY
Les applications Apple

L’innovation en matière de produits et de services constitue désormais l’un des moteurs des marques et des enseignes, quelle que soit la taille de l’entreprise. Les marques installent des valeurs, un positionnement, une identité, projettent des nouveaux produits et services en tenant compte du digital. C’est ce que devront désormais comprendre les entreprises pour «alimenter » leurs marques et les faire perdurer. Innover, c’est montrer que la marque est bien vivante et que l’entreprise sait créer de la valeur par l’innovation. Face à un public averti et une concurrence effrénée, l’innovation est nécessité pour les marques. Innover. Ou disparaître. C’est là que le design entre en jeu.

Le design était au départ source d’invention et d’innovation identifiées par des marques Lorsqu’on parlait encore d’arts et de métiers, d’esthétique et de fonctionnalité, on parlait au moins de « fonction », qui était au centre des projets d’innovation. Cette « fonction », défendue par un designer comme Victor Papanek, était centrale pour l’innovation. Et à force de considérer le design dans sa seule dimension esthétique au service de la stratégie de marque, les gestionnaires de marques n’ont-ils pas oublié l’innovation ? Et n’oublient-ils pas actuellement la révolution digitale ? Lire la suite…

François Mortegoutte tient à jour le blog des Maçons Parisiens

Le 15 novembre 2012, par Jean-Jacques URVOY
François Mortegoutte, Président des Maçons Parisiens

François Mortegoutte est Président-Directeur Général d’une Entreprise un peu particulière : Les Maçons Parisiens. Non seulement Les Maçons Parisiens ont innové après la Seconde Guerre mondiale par le fait qu’ils ont été les premiers à utiliser le béton armé. Mais aussi par le fait qu’ils fonctionnent sous forme de SCOP. Aujourd’hui, François Mortegoutte le dit dans le blog des Maçons Parisiens.

François Mortegoutte confiant à la tête des Maçons Parisiens

Conforté par sa propre famille et par les sociétaires, François Mortegoutte arrive aux commandes de cette Société Coopérative et Participative en 1980, après des études de commerce à l’Ecole des Dirigeants et des Créateurs d’Entreprise dont il est parrain de la dernière promotion.

20 millions de personnes travaillent dans le monde pour des structures fondées sur un modèle coopératif. En France, près de 40 000 sociétés sont des SCOP détenues par des sociétaires, à la fois associés et salariés.  Ces sociétaires peuvent remercier leur Président, puisque le principe est «Un associé = une voix».

Le partage des résultats entre les salariés et l’entreprise est équitable. Mais François Mortegoutte est un homme tranquille et confiant : l’entreprise dispose d’une bonne dynamique. De quoi être confiant.

Francois Mortegoutte parlant

François Mortegoutte lance un blog où il écrit chaque semaine

Le blog de François Mortegoutte est avant tout celui d’une équipe. Il rend compte en effet de la vie des Maçons Parisiens et y parle de sa famille qui a créé l’Entreprise.

 

Mais au-delà, François Mortegoutte aime à raconter tout autant l’histoire des grues que des premières constructions humaines.

Les chantiers  que François Mortegoutte conduits en tant que dirigeant de la SCOP Les Maçons Parisiens vont progressivement être consignés dans ce blog : complexe au Père Lachaise, immeuble à énergie positive, logements d’étudiants, etc.

Du béton armé à la restauration de l’abbaye de Lagrasse, des coulisses du bâtiment  au modèle centré sur l’Homme que sont les coopératives , François Mortegoutte délivre ici des informations utiles pour le secteur du bâtiment, mais aussi pour tous.

 

Urgo : l’innovation au service des bobos

Le 26 octobre 2012, par Jean-Jacques URVOY
extensible

Urgo, l’entreprise bourguignonne créée en 1880, est devenue depuis peu le troisième intervenant européen sur le marché du pansement. Cette place est largement due à la capacité d’innovation de cette société au capital familial. Urgo se donne pour mission d’identifier les besoins de soins et santé des consommateurs et des patients, puis de proposer des réponses innovantes à partir de son savoir-faire technologique et scientifique. Exploration au pays des pansements.

Les Laboratoires Urgo, reconnus à la fois par le grand public et par les acteurs de la santé (médecins, pharmaciens, infirmières, etc.), est leader en France et se développe à l’international : l’export représente près de 50 % de son chiffre d’affaires. C’est l’innovation associée à  des investissements importants en recherche et développement, en production et en recherche clinique qui permet un tel développement. Lire la suite…

Cosmétiques, développement durable et innovation : où en est Nuxe ?

Le 25 octobre 2012, par Jean-Jacques URVOY
NUXE creme-prodigieuse ®

Nuxe est présent sur le marché concurrentiel de la cosmétique. La marque a compris très rapidement que la clé de la réussite était l’innovation. Mais pas uniquement. Nuxe a su allier nature,  sensualité et innovation, en investissant entre 5 et 10% de son chiffre d’affaires. Cet accent mis sur l’innovation a permis à la marque de cumuler vingt sept brevets et une centaine de marques. La présidente de Nuxe, Aliza Jabes avoue que « Nuxe doit son succès à sa capacité d’innover tout en étant glamour et sensuel ».

Des actions en faveur du développement durable, découlant du respect de la nature, sont liées à l’image de Nuxe, et depuis longtemps. Les produits concilient performance, sécurité et impact environnemental. La formulation des produits est implacable et l’optimisation des emballages est constante. Lire la suite…

Direct 8 et Canal + : mariage sous conditions

Le 09 octobre 2012, par Jean-Jacques URVOY
logo D8

Initialement prévu pour le 30 septembre, le lancement de D8 s’est retrouvé  en suspens suite aux pressions de TF1 et de M6 sur le CSA, qui vient enfin  de valider la décision de rachat de Direct 8 par Canal+ quelques jours avant le lancement officiel prévu pour la chaine.

On pourrait parler de rachat sous tutelle du CSA, tant les conditions à respecter sont nombreuses et sévères, comme l’obligation de diffuser des séries US pendant 3 années une seule fois par semaine. A titre de comparaison sur un an, cela représente une cinquantaine de prime-time de séries US pour D8  contre une centaine pour TF1 et près de 150 pour M6.

Lire la suite…

Ludendo et Hamleys jouent ensemble

Le 24 septembre 2012, par Jean-Jacques URVOY
hamleys-logo

Ludendo, dont nous parlons ici parfois (je travaille comme conseil pour ce groupe depuis plusieurs années) est spécialisé dans le jouet. Après avoir racheté des enseignes en Europe comme Franz Carl Weber en Suisse, Diver Drack en Espagne, tout en développant La Grande Récré et Starjouet, le groupe s’offre l’enseigne anglaise Hamleys. Du coup, tout lui est permis quant à son développement à l’international.

La banque islandaise Landsbanki, propriétaire d’Hamleys,  était en faillite et Ludendo rachète l’enseigne. Hamleys a une histoire.  Fondée il y a plus de 250 ans, l’une des enseignes de jouets les plus connues au monde dispose de 300 points de vente dans cinq pays. De quoi fournir une plateforme permettant  à Ludendo d’accélérer son développement à l’international (à Dubaï, en Inde, et évidemment en Grande Bretagne : Dublin, Glasgow,Londres, etc.). Lire la suite…