La symbolique, registre inépuisable pour les créatifs d’agence

Le 12 septembre 2013, par Jean-Jacques URVOY
mandala
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Lorsque que j’allais voir mon père dans sa classe (il était alors professeur technique avant de devenir chef des travaux de l’école Boule), il y avait un alphabet au-dessus du tableau. Mon père avait dessiné les lettres sur du bristol et les avait découpées. Je me renseignais alors sur l’origine des alphabets et l’origine des lettres. De là, naquit peut-être un lien avec le symbole.

Par exemple j’appris très tôt que la lettre A signifiait, il y a très longtemps, le mot  « vache », du moins la représentation graphique de « vache » donna la lettre A par retournement, cornes en bas. « Au travers de l’histoire des lettres, c’est finalement de l’humanité que l’on traite » écrivait le grand typographe Jérôme Peignot.
Ni moi ni personne ne savait pourquoi j’étais intéressé par les lettres et les logotypes.  Je m’intéressais donc aux  grands logotypes comme ceux des pétroliers, des enseignes de magasins. Et, au-delà, à la symbolique (évidemment) des formes et des couleurs

Formes et couleurs universelles

Les formes de base sont universelles, comme le carré, le cercle, le triangle, la croix, le point et leurs combinaison : le croissant de lune, superposition de deux cercles ; l’étoile de David, superposition organisée de deux triangles ; l’étoile à 5 branches, construction de triangles inscrits dans un cercle, etc.

Les couleurs également : le jaune, symbole de naissance, de renaissance, de vie nouvelle ; le rouge, couleur vive, symbole de chaleur et de force, d’élan vital ; le vert, couleur centrale du spectre, symbole de médiation ; le bleu, couleur la plus profonde, de calme, de méditation.

Les couleurs et les formes, pouvaient se combiner à l’infini. « Correspondances », de Baudelaire, fait clairement état d’un Ordre symbolique des choses :

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles (…)
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants (…)
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

La Nature est un registre symbolique inépuisable pour les créatifs. Elle est un registre symbolique combinant différentes couleurs: le jaune, le bleu, le gris et les registres de verts – avec des lignes de fuite et ce nombre d’or qu’on trouve à l’état naturel comme au travers d’une feuille de fougère qui se déroule, ou la spirale des coquilles d’escargots.

Ainsi l’ordre de la nature définit-il des règles précises, des règles symboliques, d’harmonie et de cohérence absolues.

La nature et le corps humain, deux registres symboliques

Il en va de même pour d’autres registres symboliques comme celui du corps humain. Les grecs ou les Romains définissent, par exemple, un ratio entre la hauteur de la tête et la hauteur totale du corps, pour ce qui est des sculptures.

Les bras tendus et les pieds joints inscrivent l’homme dans un carré, signe de terre. Si les pieds sont légèrement écartés, alors l’homme s’inscrit dans un cercle ; signe du cosmos. Carré et terre se retrouvent être présents en permanence dans l’homme : c’est l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci. Alliance de la terre et du ciel, de l’équerre et du compas, générant le cosmos en un mandala parfait.

Les registres symboliques sont nombreux. Chaque religion ou ordre, spirituel ou non, en constitue un, cohérent.

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