Comment peut-on être consultant?

Le 27 mars 2011, par Jean-Jacques URVOY
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Je suis consultant volontaire depuis 2002, après avoir créé et dirigé des agences de communication et de design. Je mets en perspective des problématiques d’enseigne, de design, de communication. J’intègre aujourd’hui la communication digitale dans les stratégies de marques et les études. On me demande encore cette semaine ce qu’est un « bon consultant », l’air un peu suspicieux.

En France, encore trop souvent, tant que vous n’avez pas une secrétaire, une adresse à Paris, et un peu de personnel, vous êtes suspect. D’autant plus si vous écrivez des livres de communication, enseignez en Ecole de Commerce, et donnez quelques conférences. Là, vous êtes souvent taxés exclusivement d’écrivain ou de prof.

Un consultant est d’abord un expert en son domaine, tout en connaissant bien les domaines connexes. Il dispose d’abord de bonnes capacités d’organisation et de recherche. Il sait vite s’adapter à une entreprise ou une institution. Il sait circonscrire ses missions, reporter à l’interlocuteur désigné qu’il « coache » sans le dire.

Le client du consultant attend d’abord un avis, un conseil, un savoir. Le consultant explore, rassemble l’information disponible, la met en perspective par rapport à une interrogation à un temps « t » . Il propose des méthodes de décision, des scénarii possible. Il ouvre plus qu’il ne referme.

Certains consultants écrivent des livres ou des articles. Non pas parce qu’ils conseillent moins bien, mais parce qu’ils aiment transmettre, tout simplement.  Ils ne prétendent pas faire de la recherche, mais amener un éclairage vécu. Ils s’appuient sur la recherche pour proposer, toujours, des solutions tenant inscrites dans des contextes d’avenir.  Oui, on peut être auteur de livres pédagogiques, aimer transmettre, être reconnu pour avoir un style particulier, et être opérationnel pour son client.

Les consultants qui n’enseignent pas se privent de sources de connaissance et d’énergie incroyables. On apprend plus parfois d’étudiants que de clients, lesquels peuvent être portés par des méthodes, des clichés, des situations déjà passés. Les étudiants de dernière année de master, par exemple, ont une énergie instinctive qui les portent vers l’avenir, qu’il faut déceler et encourager. C’est la garantie pour le consultant de ne jamais être has-been.Et ce n’est pas parce qu’on enseigne qu’on n’est pas bon consultant.

Histoire d’organisation, de temps partagé. Ou de partage, tout simplement.


Photo: © kazoka fotolia

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