Coaching ou psychanalyse ?

Le coaching est issu d’une entorse au dogme de Freud.

C’est Eric Berne, psychiatre, qui affirme dans les années 50 sa conception de la psychanalyse. Il souhaitait en effet que ses patients guérissent vite, et met au point un traitement du patient très opérationnel : le patient est un être responsable, qui a une histoire, qui a la possibilité de se changer et de renaître à lui-même. Il s’appuie sur les travaux de Paul Federn, psychanalyste et médecin proche de Freud, vivant à New-York, probablement à l’origine du « moi » psychanalytique, ce lieu en soi qui fait son affaire de la confrontation de ses pulsions et du réel.

 

La psychanalyse, outil de coaching

Dans mon coaching, je fais intervenir la psychanalyse : le coaching a établi des protocoles, des « méthodologies », mais ces protocoles ont moins de chance d’être efficaces s’ils ne font pas intervenir la connaissance intime de l’individu. Et seule une cure psychanalytique peut l’apporter.

La psychanalyse donne donc des clés intimes, mais ne fixe pas une feuille de route pour aller vers le bonheur en fin de cure. Certains patients savent le faire et d’autres, non. D’aucuns diront : c’est au patient de fixer sa feuille de route. Certes, mais la vie est courte, et on ne veut plus forcément attendre quinze ans pour aller mieux et trouver ses clés du bonheur, ce que le précurseur du coaching avait détecté.

Le coaching débouche donc sur une feuille de route, mais en appliquant des protocoles sans tenir compte de ce qu’est vraiment la personne.

Psychanalyse et coaching sont nés au 20ème siècle. On les oppose souvent, alors qu’ils sont complémentaires.

De la même façon qu’un médecin doit recevoir une formation pour être psychanalyste, un psychanalyste peut utiliser des clés liées au coaching.

Le coaching et la psychanalyse sont deux domaines très différents, même s’ils ont des points communs : le client ou le patient parle en donnant des informations, le coach ou le psychanalyste écoute.

Cependant, les différences sont nombreuses en termes d’objectifs, de protocoles et de méthodologie, de relation analysant-analysé, coachant-coaché

 

Les objectifs du coaching et ceux de la psychanalyse

Les objectifs du coaching et ceux de la psychanalyse sont différents.

Le coaching répond à une demande précise, souvent reformulée par le coach : je veux apprendre à dire non à mon patron, je veux quitter ma petite amie. Le coach va alors établir un planning, une feuille de route pour son client.

Le coaching, surtout dans un but professionnel, fixe un objectif explicite, un résultat (« être retenu pour ce poste »). Cet objectif est associé à des objectifs implicites : détecter ses aspirations, lister ses forces et faiblesses, avoir une meilleure opinion de soi, gagner en confiance en soi, etc.).

En matière de coaching, il faut valider le fait que le client vient en séance par lui-même, et que cette démarche n’est pas dictée par une direction du personnel, un supérieur hiérarchique, un parent, ceux-ci pouvant néanmoins être ceux qui donne l’impulsion, l’accès à la connaissance-même du coaching.

Entre chaque séance, le client note ses difficultés, ses échecs et succès, pour faire un point à la séance de coaching suivante où l’on peut faire des exercices d’évolution, s’évaluer, valider des acquis comportementaux.

 

Une demande moins ciblée en psychanalyse

La psychanalyse joue plus sur une demande moins « ciblée » : elle constitue une réponse à un mal-être flou. Ce mal-être présente des « marqueurs » : manifestation émotive violente, angoisse, stress, délire, mythomanie, addiction (boulimie, cannabis, alcool, etc.), tentative de suicide, irruption subite de boutons, vertiges, repli sur soi, manque de confiance en soi, etc.

Ce mal-être nous empêche de pouvoir dire non, de quitter les personnes de son entourage, les lieux, les soi-disant « repères » qui nous polluent en fait l’existence, car nous ne savons pas quoi faire.

Le coach applique des protocoles écrits par avance, même si un bon coach s’en échappe, installe des échanges parlés et complices avec son client. Le psychanalyste écoute, recueille des matériaux, relance parfois mais parle peu, sauf en début de cure, en face-à-face, pour essayer de comprendre la demande. L’inconscient joue un rôle important, chaque être est unique.

Le coaching répond à la question de « comment je fais pour m’en sortir ? ». La psychanalyse à celle de « pourquoi j’en suis arrivé là ? »

Certes, si le coaching aboutit à savoir dire non à son patron, alors le client aura réfléchi sur lui-même, se sera transformé et changé des choses en lui. Mais beaucoup moins « en profondeur »

De la même façon, la psychanalyse peut apporter une réponse à de petits objectifs de coaching : lorsqu’on « va mieux », on sait dire non parce qu’on regagne en confiance en soi, ce qui fait dire à Juan-David Nasio que « La psychanalyse guérit ».

 

Image: © Seymour Chwast, Freud Had It (detail), 1970s.

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