Une volonté de design

Le 16 août 2010, par Jean-Jacques URVOY
Design pour 1985
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Dans un ouvrage que je retrouve, paru en 1964, intitulé « Réflexions pour 1985″ (La Documentation Française Ed.), on trouve un chapitre entier consacré à « l’esthétique ». Il est issu d’un groupe de réflexion constitué par le Premier Ministre afin « d’étudier, sous l’angle de faits porteurs d’avenir, ce qu’il serait utile de connaître dès à présent de la France de 1985 pour éclairer [l'avenir]« . On y aborde en fait ce qui va s’installer dès les années pop: la prédominance de l’esthétique sur la fonctionnalité.  Extraits désuets mais enrichissants.

« On redécouvre aujourd’hui, au seuil de la révolution scientifique et technique, ce que les philosophes avaient dit assez clairement au seuil de la révolution industrielle: qu’il faudrait proclamer à chacun à vivre dans le beau; que l’esthétique est une dimension du bonheur dans la vie collective; que l’individu ne peut se reconnaître dans la société que s’il peut y satisfaire ses aspirations esthétiques (…)

L’homme de 1985 aura une perception nouvelle des valeurs esthétiques dans la vie quotidienne, car l’esthétique, devenue consommation de masse, tend à conquérir l’espace social tout entier. »

Le chapitre indique trois faits pour expliquer le besoin de design: la révolution industrielle et la reconstruction de la France largement achevées,  la démocratisation de l’art.

Il conclue sur des mesures à prendre:

« Si l’on veut qu’en 1985 l’homme puisse se reconnaître dans la société, il convient (…) de prendre des mesures de trois ordres:

- les mesures financières pour combler le retard du secteur public

- les mesures d’organisation des professions artistiques

- les mesures d’éducation ».

Déjà, le design dépendait de plusieurs ministères: industrie, budget, éducation nationale et culture.



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