The Artist aura un Oscar

Le 17 février 2012, par Jean-Jacques URVOY
the artist
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The Artist, le film de Michel Hazanavicius, produit par Thomas Langmann, avec Jean Dujardin dans le rôle principal, aura un Oscar. Non parce qu’il est réalisé, produit et joué par nos trois compères. Mais parce qu’il opère comme une marque. Démonstration.

Une marque est d’abord une garantie de qualité et de confiance. The Artist représente, aux yeux des américains, à la fois la qualité et la confiance. Ne pas le croire reviendrait à renier leur propre culture. The Artist rend en effet hommage aux films muets du début du cinéma, inventé par eux-mêmes.

De plus, le film s’inspire de l’histoire de Greta Garbo et John Gilbert, et rappelle Une Etoile est née. J’ai pu mesurer l’impact du cinéma muet, en noir et blanc, lors de lancement de produits dans les studios même de la Paramount, lorsque je travaillais pour la marque Cartier. Le tout Hollywood était là, et le tout Hollywood est nostalgique. Les Zaza Gabor, Robert Stack, John Stewart avaient tous la nostalgie des années 20, et cette nostalgie n’est pas retombée chez les plus jeunes. Les américains ont peu d’Histoire et Hollywood en constitue un chapitre entier.

Avec un film muet comme ceux de Charlie Chaplin, qui sort alors que le cinéma parlant passe du cinéma à la tablette, le film va à contre-sens et agit comme une sorte d’innovation. Et l’on sait que les marques qui ne meurent pas innovent. Là, l’innovation est tranquille, sans risque, parce que ses codes sont installés dans la mémoire collective de chacun.

Le film, qui sort en pleine crise, est également régressif. Les années 20 sont plutôt perçues comme des années calmes et heureuses, l’industrie du cinéma est florissante. Le film réveille des mythes et des archétypes américains. C’est exactement ce qu’attendent les américains, à tel point qu’on peut se demander pourquoi ils n’en ont pas eu l’idée eux-mêmes.

Comme une marque storytellée, il dispose d’une fausse légende, puisqu’on le croit sorti des années du muet. On lui confère une mission, celle du souvenir, de la mémoire de millions d’américains. Et puis l’ami Jean Dujardin joue bien. Il est moins stéréotypé que George Clooney ou Tom Cruise. Il vient d’ailleurs, comme un retour vers le futur. Là, Jean Dujardin n’est pas français. Chacun peut se l’approprier, comme une marque.

Le nom de marque, The Artist, est simple, court, mémorisable, international, et est un hommage à tous les artistes du monde. Chacun d’entre eux s’y reconnaît. Membres du jury des Oscar© compris. C’est un vrai nom de marque. On ne ferait pas mieux chez Urvoy Conseil ou à La simple agence.

Je le dis avant Gildan, dont le blog me fait toujours découvrir quelque chose: The Artist aura un Oscar. Sauf à ce que les américains soient chauvins.

Mais là, aucun risque, on peut dormir tranquille.

 

 

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4 commentaires

  1. Gildan dit :

    Je ne l’ai pas encore vu !
    Quelle honte !
    :)

  2. Urvoy dit :

    Ah. Mais c’est toi qui m’a annoncé le décès de Whitney Houston, on ne peut pas être partout!
    JJ

  3. Nicolas dit :

    Une de ces jours, tu vas nous faire croire qu’il est produit par la simple agence.

  4. Urvoy dit :

    Mince, démasqué!

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