Spielberg arrive avec Tintin, son nouveau héros.

Le 22 juin 2011, par Jean-Jacques URVOY
tintin - copie
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Steven Spielberg, comparse de George Lucas en matière de grands héros hollywoodiens, a racheté l’ensemble des droits d’adaptation d’Hergé au cinéma. Le premier film sort bientôt.  Tintin n’est pas le héros forcément musclé et biscoto qu’on trouvait à Hollywwod. Il est naïf, comme Indiana Jones. Passons ici sur la technique d’adaptation utilisée, entre image réelle et virtuelle, pour nous concentrer sur le mythe du héros.

Joseph Campbell (décédé en 1987) américain spécialiste de la mythologie, a écrit beaucoup sur le mythe du héros, dont : « The Herœs with a thousand Faces ». George  Lucas s’en est inspiré pour La Guerre des Etoiles. De la Guerre des Etoiles, il dit : « J’ai d’abord essayé d’adapter certains grands principes de la mythologie à mon histoire. Comme cela ne fonctionnait pas, j’ai (…) écrit une autre histoire. J’ai découvert, (…) que tous les principes que j’appliquais étaient tous présents. Je les avais tous utilisés inconsciemment, tellement j’étais immergé dans ces principes (…) »

Campbell nous adresse un message : « Et qui plus est, nous n’avons pas à risquer seul l’aventure, car les héros de tous les temps l’ont vécue avant nous. Le labyrinthe est même parfaitement connu. Nous n’avons donc qu’à suivre le sentier du héros et là où nous avons cru trouver l’horreur, nous allons trouver un dieu. Là où nous avons cru tuer l’ennemi à l’extérieur de nous, nous allons tuer l’ennemi qui est en nous. Là où nous avons cru aller vers le monde, nous allons au contraire parvenir au centre de notre propre vie. Et là où nous avons cru être seul, nous serons avec le monde entier… »

La proue de La Licorne, dans le film de Spielberg

Du point de vue de la structure, tous les mythes racontent la même histoire. Il s’agit toujours, en somme, du périple du héros dans le temps de sa vie qui se déroule en trois étapes: le départ, l’initiation (l’épreuve, la confrontation avec la mort) et le retour. L’imaginaire des enfants fonctionne comme cela, lorsqu’ils se racontent des histoires. Carl Jung s’intéressait beaucoup à la mythologie. Il a eu une grande influence sur Campbell. Il fixe trois étapes dans le mythe du héros : l’une ascendante et l’autre descendante, qui sont « comme les deux flancs d’une montagne », avec, entre les deux, au sommet de la montagne, la transition du milieu de la vie.

Le départ. De la naissance à vers 40 ans, c’est la phase de la jeunesse. Dans cette première moitié de vie, on doit réaliser l’adaptation au monde extérieur, se faire reconnaître socialement, former un couple, avoir des enfants, élargir son champ d’expérience. L’objet de cette phase est de réussir dans la vie.

L’initiation. Entre 35 et 45 ans se situe la transition du milieu de la vie, qui est souvent vécue comme une crise au sens du grec krisis qui veut dire « choix » : c’est dans ce sens qu’on doit l’entendre.

Le retour. Cette phase se situe depuis le milieu de la vie, jusqu’à la phase de la maturité. Dans la seconde moitié de la vie, ça peut être le déclin, mais aussi l’approfondissement, afin de découvrir son monde intérieur.


Tintin n’échappe pas à la règle, lui qui partira au bout du monde chercher le trésor de Moulinsart, alors qu’il était simplement dans le sous-sol de Moulinsart… où, comme Candide, le héros de Voltaire, il cultivera son jardin!


Photo © Steven Spielberg, visage de Tintin extrait du clip de présentation.

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