Philosophie du design, design et philosophie

Le 22 octobre 2012, par Jean-Jacques URVOY
tableau d'art conceptuel
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Le design est un outil d’avenir. Il permet de réagencer le monde, qui en a bien besoin, avec créativité et des angles de vue nouveaux. Comme la philosophie, le design utilise des méthodes rationnelles et critiques. Il travaille avec des concepts abstraits et tente de définir de grands principes généraux. La philosophie répond aux questions du sens de l’existence, des valeurs individuelles et sociales, de la nature du langage ou de la connaissance et du rapport que nous avons avec les choses elles-mêmes. Le design propose du sens, impose des valeurs, utilise les ressources du langage et le rapport que nous avons avec les choses elles-mêmes :  il est complémentaire à la philosophie.

En philosophie comme en design, on produit des concepts. « Une philosophie qui ne produirait pas de concepts ne serait plus une philosophie » explique Gilles Deleuze. La philosophie, comme le design n’est ni une science formelle ou empirique. La philosophie n’est pas une science en ce sens qu’elle les étudie toutes ou aucune ; le design n’est pas une science parce qu’il fait appel à toutes les sciences et les champs de savoir.

La différence essentielle est que la philosophie est une discipline rationnelle, bien que ses premiers principes ne puissent pas être démontrés. Le design procède à la fois du processus rationnel (besoin/dessein/dessin /industrialisation), de l’intuition et de l’émotion, de l’art.

Un texte de Régis Debray

Dans un texte intitulé « Philosophie du design », et reproduit dans Le Designer (Eyrolles Ed.),  Régis Debray s’interrogeait sur l’esthétisation du banal et la personnalisation du standard.

 » (…) Le design industriel participe à l’éducation du regard, chez le consommateur et le citadin, comme à la responsabilité du producteur. En sortant la marchandise de l’anonymat, en l’individualisant, c’est le sujet qu’il contribue à rendre un peu plus individuel, au sein-même et par les moyens de la communication de masse. En mettant du ludique dans le laborieux, cette recherche formelle nous incite à sortir de notre anesthésie, de nos adhésions molles et passives à des matériaux, à des formes, à des outils qui nous environnent de façon si pressante et confondante que nous en oublions, aujourd’hui, à la fin, cette vérité élémentaire toujours oubliée : chaque objet a été un miracle, produit d’une invention humaine, et peut le redevenir. Et ce n’est pas parce qu’on répond à un besoin que l’on n’est pas une œuvre en soi.

La Nature du bon Dieu est une création arrêtée, condamnée à la répétition. L’industrie de l’homme peut toujours innover : c’est la création continue. Autant la regarder de près. » (1)

Dont acte !

(1) © Régis Debray, tous droits réservés. Le Designer, par Jean-Jacques Urvoy et Sophie Sanchez (Eyrolles Ed.)

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