Mon nouveau Telerama

Le 02 juin 2012, par Jean-Jacques URVOY
telerama
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Comme toute innovation, le contenu rédactionnel du nouveau Télérama s’accompagne d’un nouveau packaging. Autant j’ai été sceptique sur les vicissitudes de ce magazine depuis plusieurs années, autant là: superbe maquette, et des articles vraiment intéressants. Fabienne Pascaud peut être contente. Des articles courts, alternés avec des dossiers de fond. Aucun article de mon blog n’est sponsorisé, mais Télérama peut m’abonner gratuitement un an sans problème, cela m’évitera d’aller à ma Maison de la Presse acheter chaque semaine mon seul news papier.

Les questions des dossiers bien posées, comme pour ce dernier numéro: « C’est quoi être cultivé aujourd’hui? » (on remarquera le ton rédactionnel populaire, qui n’existait pas avant). Des propos affirmés, comme ceux de l’ami Michel Serres, qui affirme qu’Internet soulage notre mémoire et rend notre cerveau plus disponible pour « l’intuition novatrice et vivace ».

Des partis-pris aussi: au Festival de Cannes, le favori de Télérama était Carax et non Haneke. D’où le titre: « Ils ont raté Carax ». Des titres ou sous-titres qui ont leur sel (ou faciles, c’est selon): « Le suc de Cannes », « Dans le secret des vieux », « Message thaïlandais ». Des spots courts façon blog, mais aussi des articles longs, très documentés, comme celui consacré à David Hockney. Des alertes culturelles, comme l’article sur le Qatar: « Un désert assoiffé de culture », où Télérama dénonce que l’avenir du Qatar passe par la culture, mais en s’appropriant une culture occidentale. Le rubricage, toujours: « Cette semaine, nous sommes… » (charmés, impliqués, attristés, bluffés, amusés, etc.) renvoie à des contenus très divers.

Pour la partie cinéma, les pictogrammes du bonhomme-critique ont fait l’objet d’un nettoyage graphique (mais pourquoi?). J’aime ces sélections toujours exigeantes, d’autres diront bobos mais tant pis. C’est ça, Télérama. Sauf que pour des films comiques, forcément, les pictos pleurent. Et, dans la partie TV, peu ont deux T rouges. C’est que Télérama, c’est sérieux, quand même. La partie Théâtre a toujours une bonne tenue, ce qui devrait séduire l’ami Julien Le Pocher, qui joue bientôt Le Dindon.

Le choix des photos: Marilyn qui se maquille (certes facile), Michel Duchaussoy, sévère en président de la République. La couverture: pas racoleuse, créative. Le nouveau logotype est paradoxal: sa typo datée rajeunit l’ensemble. La partie TV justifie le titre. Mais quel lecteur de Télérama, équipé en applications mobiles, consulte encore Télérama pour les programmes télé?

Les annonceurs suivent. Volvic se défend d’attaques de France 2 en défendant sa bouteille plastique, les bobos seront séduits par Biocoop (magasins bios, forcément), Peugeot (mais la 3008 Roland-Garros, forcément), la MGEN (les enseignants lisent Télérama, forcément).

Et je consulte depuis plus de vingt ans les petites annonces, pour rêver d’être directeur de théâtre!

 

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2 commentaires

  1. Marina dit :

    Je voulais simplement vous remercier d’avoir écrit cet article sur Telerama. J’ai pris du plaisir à le lire. Marina

  2. Jean-Jacques URVOY dit :

    Merci !

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