Marilyn Monroe: le cinquantenaire

Le 24 juin 2012, par Jean-Jacques URVOY
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C’est le cinquantenaire de la mort de Marilyn Monroe. Tout le monde l’aime Marilyn Monroe. J’ai pu le vérifier, lors d’une soirée professionnelle dans des studios d’Hollywood: si vous lancez la conversation sur Marilyn, au risque de faire français de base, chacun est très enthousiaste et a des raisons différentes pour vous parler de « Marilyn ».  Quel que soit l’endroit du monde où l’on habite. Quel que soit l’âge, le sexe ou sa sexualité. Marilyn est une marque, un mythe, une légende. Décédée il y a 50 ans, Marilyn Monroe reste une boule de sensualité et d’amour. Aujourd’hui, de nombreux livres ont été écrits. On peut voir Marilyn Monroe nue. Marilyn est entrée dans notre inconscient collectif.

Peu importe la façon dont elle y est entrée. Par des films, par une mine naïve ou arrogante, une voix de femme volontairement transformée en celle d’une petite fille : Marilyn touche là où c’est vulnérable. L’entourage marketing de Marilyn en a fait une marque mondiale, en lui conférant non seulement une légende, mais aussi des signes d’identité : Marilyn et sa mèche blonde faussement rebelle, repère d’une génération, mythe des suivantes…

Grain de beauté savamment disposé. Lèvres entr’ouvertes et invitantes, yeux mi-clos feignant l’extase, à moins que la fatigue des médicaments, de l’alcool, de son entourage insistant lui soit devenu trop lourde. Marilyn Monroe contre-symbole d’une Amérique puritaine, mannequin-poupée avec laquelle on joue déjà lorsqu’elle a 16 ans en lui demandant de se teindre en blond, pour parachever l’image d’une Lolita naissante. Comme une marque, Marilyn a sa légende : premiers rôles, premiers amants, premières séances nue et premiers vrais succès avec la 20th Century-Fox, dont Quand la Ville dort. Cette même Fox qui la rejette parce qu’elle avait posé nue.

De contradictions en contradiction, la trouble Marilyn, qui a adopté sa posture adulte, armée d’une histoire, d’un discours, s’ouvre à d’autres films et à d’autres hommes. A moins de 30 ans, elle a tourné Les Hommes préfèrent les Blondes et on lui écrit biographie sur biographie.

Marilyn, le mythe

Aucun phénomène n’est comparable aujourd’hui. Et, au-delà du mythe, Marilyn Monroe se construit l’image d’une actrice très professionnelle, à force de travail à l’Actor’s Studio. Le talent explose dans Sept ans de Réflexion, en 1954, où ce repère cinématographique passe devant la grille mythique de métro, faisant que sa robe se soulève. Elle enchaîne avec Certains l’aiment chaud, et Le Milliardaire, où elle ne résistera pas à Yves Montand.

Après 1960, elle aura une liaison avec le Président des Etats-Unis, à l’anniversaire duquel elle viendra chanter, devant les spectateurs médusés et riant faussement Happy Birthday to you, Mr President, portant la robe probablement la plus chère du monde, titubant. Actuellement, la video a été vue près de 1 million de fois sur YouTube.

Marilyn ne jouait finalement pas, lorsqu’elle faisait le grand écart entre un sportif-joueur de base-ball comme DiMaggio, et un écrivain cérébral comme Arthur Miller, en passant par des liaisons passagères sans lendemain : Yves Montand, John Kennedy et son frère Robert, Marlon Brando, Rock Hudson, l’un des premiers acteurs à s’afficher homosexuel, et l’actrice Joan Crawford.

Il y a 50 ans, dans la nuit du 4 au 5 août exactement, on retrouva Marilyn morte chez elle. Si la police conclut à un suicide, le mystère reste entier. Elle était épuisée de n’avoir pu avoir d’enfant, d’enchaîner des liaisons trop rapidement, trop peut-être, sans qu’elle ait le temps de développer une histoire d’amour vrai. Mais entre le vrai de la vie et le vraisemblable des films, il n’y a jamais eu aucune barrière de protection pour Marilyn, que tout le monde a tué, comme pour un film d’Agatha Christie.

Au crépuscule de cette vie-là, la thèse du suicide semble la plus plausible, en vérité, mais un suicide sans même s’en rendre compte : en 2005, le Los Angeles Times fit paraître une interview avec son psy qui avoua qu’elle n’avait pas de tendance suicidaire. Une prise de médicament comme on boit un verre de trop, probablement. Ou alors, compte tenu des relations de Marilyn avec les frères Kennedy, elle n’était pas non plus à l’abri d’un excès de zèle de l’administration américaine.

Mais peu importe en fait: le monde aujourd’hui est un peu coupable de sa propre projection, de son propre voyeurisme. Et ce monde-là s’apprête à rendre hommage à celle qui faisait semblant de vivre. Et j’en connais qui, secrètement, relisent sa biographie et revoient tous ses films, en attendant le 4 août 2012.

Marilyn, 50 ans déjà.

 

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Un commentaire

  1. Vallier dit :

    Cela me rappelle que cela ne me rajeunit pas…!

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