Les mots de Léo Ferré

Le 13 juin 2011, par Jean-Jacques URVOY
leo ferre
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A la rencontre de sa famille dans la maison de Toscane où il vivait (et où vit encore son fils Mathieu),  je découvre un peu bêtement que Léo Ferré était un vrai manieur de sons et de mots. Ou plutôt j’avais oublié. Dans « Les Copains d’la Neuille », sorte de feuille de chou à parution fragile, Francis Delval décortique les mots de Léo Ferré, les tournures, les récurrences (n° 12). Titre de l’article: la Fabrique de Texte. Découverte, au-delà du poète et du chanteur, de l’univers de Léo Ferré.

La biographie et la thématique n’explique pas comment compose ou écrit un auteur. Pour Mozart, comment lui viennent les notes. Pour Rimbaud, comme lui viennent les mots. On ne connaît que le factuel souvent, les mots et les phrases convenus associés (« Il n’a pas écrit la fin du requiem », « Abyssinie »).

Francis Delval note de nombreux exemples pour indiquer que rien ne peut rendre compte d’un auteur: Debussy, Mallarmé, Cendrars, Homère, Villon,…

Il voit plusieurs leviers expliquant comment et pourquoi Léo Ferré a utilisé tel ou tel mots ou vers, comme l’auto-imposition »: Léo Ferré disait lui-même qu’il avait « été dicté », pour dire que les mots s’imposaient à lui, comme une évidence.

L’étymologie est un levier fort. Ferré ne peut pas ne pas connaître celle de ses mots, même s’ils sont presque inconnus. Il forge des mots, comme « patibuler », « Mathieusalem », « téléconné ». Il utilise des structures sonores, comme « Repasser sous le plau du fer qui plane et plie » ou des antanaclases (mot dupliqué avec des sens différents): « Comme une louve sous mon loup/Quand je vous ferai des petits/Vous banderez vos yeux jaloux/Avec un loup de satin gris ».

Léo Ferré contextualise dans des raccourcis rarement proposés: « On a flingué deux anges blonds dans un café de Clignancourt ». Il métaphorise: « Un violon capital/Voilé de Chambertin ».

Tous ces ressorts font le charme de la poésie de Léo Ferré. Mais est-il besoin de décortiquer?


Vous pouvez résider dans une chambre d’hôte de la famille Ferré en cliquant ici.

Photo © Jean-Jacques Urvoy. Sur la terrasse de Léo Ferré, près de Castellina in Chianti.





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Un commentaire

  1. Numa dit :

    Merci d’avoir partagé cela avec nous !

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