La véritable Ecole des Variétés

Le 08 juillet 2012, par Jean-Jacques URVOY
le petit théâtre des variétés
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A Paris existe le Petit Théâtre des Variétés, une petite salle au-dessus du grand théâtre du même nom. On peut y voir chaque année les élèves de l’école de théâtre s’y produire, comme Julien Le Pocher, Jean Chevalier, Agathe Bourreau Sanchez, sous la houlette du metteur en scène Jean-Philippe Daguerre. Caroline Marchetti peut être fière, elle qui a fondé cette école qu’elle co-dirige. Et ses étudiants sont hors normes. Ils jouent Prévert, Racine, Anouilh, avec une désinvolture, une aisance incroyable. Si aujourd’hui le terme « variété » désigne plutôt des émissions de TV où l’on écoute à peu près la même chose, il n’en n’a pas toujours été ainsi. Explications.

Variété veut dire varié. On ne s’ennuie donc pas. On s’amuse plutôt. Ce n’est pas toujours le cas pour ces émissions abêtissantes où les invités sont payés pour rire sur commande et où des chauffeurs de salle vous obligent à applaudir. Pauvre public en vérité, qui ne connaît pas les joies du vrai talent.

On n’imagine pas Francis Huster se galvauder. Ni Brel. Ni même Francis Cabrel ou Michel Berger. On est surpris que Pierre Arditi accepte de faire une campagne TV pour une grande banque qui a coûté à chaque contribuable. C’est que le vrai talent n’a pas besoin de dispositif marketing pour exploser. On aime ou on n’aime pas. On va voir ou non. On écoute ou non.

L’uniformisation tue la variété

A l’heure où la world music a fini par lisser les voix, les mélodies, où les accords faciles se reproduisent à l’infini satisfaisant un public inculte, le mot « variété » a perdu son sens. Parce que la variété est une explosion de différences, de talents complémentaires et superposés. A force de vouloir satisfaire le plus grand nombre, les marques ont réussi à atténuer leurs différences, leurs aspérités, à coup de groupes qualitatifs qui ramènent à une uniformisation.

Jean Topart m’a un jour conté le théâtre au manoir de Lan Kerellec. Jean-Marc Tennberg a été le premier comédien que j’ai vu « en vrai » sur scène, jouer Knock. J’ai découvert les films de cape et d’épée avec Gérard Philipe. Ceux-là ne communiquaient pas. Ils étaient plus que des marques : des marqueurs de leur temps.

Un jour, Michel Serres, invité à la table de plusieurs publicitaires, nous déclara : « Mais voyons, Château Eyquem n’a pas besoin de faire de la publicité ». C’est vrai. La renommée s’établit jour après jour. A chaque spectacle, chaque représentation.

Avec Agnès Henniquau, mon cousin Patrick Henniquaufête les 20 ans de lsa compagnie le 25 août prochain, a eu comme inspirateurs Jean-Louis Barrault, au Théâtre du Rond-Point (il a joué avec Madeleine Renaud dans Harold et Maude) puis Philippe Genty, maître de la marionnette et des effets scéniques. Lui et sa troupe ont un vrai talent.

Le talent allié au travail : les étudiants de l’école du Théâtre des Variétés n’ont pas de souci à se faire, vraiment.

Merci à Julien Le Pocher de m’avoir invité, je ne regrette pas !

 

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