Jean-Pierre Devillard: quand le jazz band

Le 07 avril 2012, par Jean-Jacques URVOY
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Jean-Pierre Devillard fait paraître un livre qui ne peut passer inaperçu ne serait-ce que par le titre: « Quand le jazz band ». Le fondateur du Jazz Band du Petit Journal Saint-Michel à Paris est un personnage incontournable du jazz, un Jean-Claude Brialy du milieu. C’est que l’ami Jean-Pierre a connu les plus grands, de même qu’il est un puits de savoir sur la chanson française: il a bien connu Aznavour et Juliette Gréco. Son souci, c’est que son père a voulu qu’il « passe le bac d’abord ». Comme quoi le bac peut nuire.

Il a donc parcouru le monde en travaillant, mais sans jamais délaisser sa passion. Il se produit toujours régulièrement, au Petit Journal et ailleurs. L’ouvrage retrace l’histoire de six amis passionnés de jazz. Quatre sont des musiciens professionnels et deux autres sont chef d’entreprise (Jean-Pierre) et architecte. Ils créent un orchestre, connaissent les galères musicales, mais la musique les réunit et les aide à passer bon nombre d’épreuves. Comme aujourd’hui. Le jazz constitue pour eux un parcours initiatique qui les change en profondeur, leur vie, et leur existence. Tout le monde, musicien ou non, se retrouve un peu dans cette aventure. Le tout avec humour.« Sans beaucoup de sensibilité et de goût, vous pouvez avec, bien entendu, beaucoup de travail, de la technique et de la virtuosité devenir un musicien classique acceptable, un peintre qui se vend bien ou un écrivain à Goncourt. Si vous n’avez pas la moelle et la passion, vous laisserez de marbre les amateurs de jazz. Aucune triple croche n’y changera rien, on joue d’abord avec ses tripes et les doigts suivent. » C’est que jazz est, pour Jean-Pierre Devillard, un moteur de vie.

Rien n’est mieux pour lui que le jazz: « La passion du jazz c’est la seule histoire d’amour qui dure toute une vie. Avez-vous imaginé dire à une vieille cire de Duke Ellington, de Louis Armstrong ou autres illustres connus :  « Je te quitte,  j’en ai rencontré une plus jeune» ou «Je ne peux plus supporter ta mère » ou encore, avec la plus exquise mauvaise foi «Tu m’as supporté depuis trop longtemps, il est temps que tu t’épanouisses et que tu refasses ta vie sans moi » ? Qu’est-ce qui vous console quand vous avez le cafard, qui vous fait rigoler quand vous avez mal aux dents, qui vous fait pleurer d’émotion, qui vous fait bander sans viagra, qui rend les nanas accueillantes, qui vous fait monter au septième ciel sans transpirer, qui vous fait oublier vos emmerdes, qui vous déconstipe, qui vous secoue les tripes, qui vous fait voir la vie en blues ou en rose ? Trois barils de lessive à celui qui répondra… »

Jean-Pierre Devillard considère que le jazz a bouleversé les conventions musicales, a créé une civilisation. Certes, Jean-Pierre peut exagérer, mais sinon il ne serait pas Jean-Pierre Devillard. Pour lui, les musiques récentes à décibels ont fait oublier le jazz. Il critique, à juste titre (nous en avons parlé dans ce blog), les vedettes construites artificiellement. Jean-Pierre ne connaît pas la musique que j’aime et la critique, mais je ne lui en veut pas. Il ne connaît pas les différentes versions de Dark Side of the Moon, de Comfortably Numb. Il les critique parce qu’il aime trop le jazz qui dépasse tout. Il porte Ray Charles aux nues, et voudrait que tout le monde soit fan de zigottos comme Thomas Dutronc, Michel Jonasz, Jacques Higelin ou Nougaro. Je croise parfois Jacques Higelin, encore la semaine dernière avec ma fille. Je l’ai vu quatre fois en concert. Je lui donnerai le roman de Jean-Pierre.

Je dois à Jean-Pierre Devillard de m’avoir fait découvrir le jazz, moi qui ai grandi avec les grands groupes pop-rock des années 70-80 et a aimé plutôt les groupes mastodontes comme Oasis,   Récemment, il a découvert un groupe de jazz manouche, Les Gadjos, ces gamins bourrés de talent que j’ai vus au Petit Journal et en tournée.

Merci Jean-Pierre!

Pour recevoir l’ouvrage Quand le jazz band (Edilivre Ed.) ou le télécharger, cliquez ici.

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