Hinkis, les femmes et le cinéma

Le 11 février 2011, par Jean-Jacques URVOY
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Je travaille avec ce portrait depuis plusieurs années. Depuis la mort d’Alexandre Hinkis (1913-1997), les expositions se multiplient: encore une à Levallois en 2010. J’ai croisé ce peintre il y a une vingtaine d’année. Elève de Fernand Léger, une peinture à la Chagall, un parcours personnel qui le conduit de la Roumanie vers la France. Portrait.

Hinkis (de son vrai nom Hinchis) entreprend des études de peinture à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Chisinau en Roumanie. Établi à Paris, il obtient le diplôme de l’École Nationale des Arts Décoratifs et étudie l’architecture à l’École des Beaux-Arts. Ayant réalisé que la peinture ne pourra le faire vivre, il débute en 1946 une carrière de décorateur au cinéma.À partir de 1946, Alexandre Hinkis intègre le monde du cinéma où il exerce jusqu’en 1962 la profession d’architecte décorateur. D’abord assistant, il devient chef décorateur et conçoit ainsi les décors de plus de cinquante longs-métrages comme Trois Femmes (André Michel, 1951), La Fille dans la vitrine (Luciano Emmer, 1961) ou encore À cause, à cause d’une Femme (Michel Deville, 1962).
Cette activité lui permet de donner libre court à la créativité que lui inspirait sa vocation première de peintre : durant cette période, il « croque » la vie des plateaux entre deux prises. Tels des instantanés, ses dessins, pris sur le vif, représentent l’environnement technique du cinéma (caméras, projecteurs etc.). Il s’attache aussi à dessiner les gestes quotidiens de tous ses collaborateurs : metteurs en scène, ouvriers, techniciens, acteurs. Ses dessins seront d’ailleurs régulièrement publiés dans la revue de cinéma Le Technicien du film entre 1954 et 1962.
Alexandre Hinkis dépose en 1982 quatre cent vingt-neuf dessins à la Cinémathèque. Ce dépôt sera transformé en don à sa mort et est entièrement numérisé et consultable en médiathèque.

En 1960, Alexandre Hinkis devient chargé de conférence à l’IDHEC (aujourd’hui la Femis) où il enseigne l’histoire et la philosophie de la peinture contemporaine. À partir de 1963 et jusqu’en 1978 il entre à la télévision où il travaille en tant que chef décorateur pour plus de trois cents émissions.

Mais la véritable vocation d’Alexandre Hinkis, restera toujours la peinture. Il n’appartient à aucune école, sinon à celle du « métaclassicisme » dont il revendique la paternité du terme et donne la définition suivante: « l’accord parfait entre le contenu et la forme (classicisme), le contenu étant servi par le produit de l’émotion picturale pure (méta)« . Dès 1934 il montre ses toiles lors d’expositions personnelles dans de nombreux pays et participe régulièrement au Salon d’Automne de Paris entre 1940 et 1995.

Tableau: « Au Soleil » (1984), présenté lors de l’exposition « A Doucia », à Paris.

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Un commentaire

  1. MULOT Patrice dit :

    Bonjour,
    moi aussi ai rencontré Alexandre Hinkis dans les années 90 à Paris 19eme. Je lui ai d’ailleurs acheté 2 oeuvres. La 1ere est une toile sur « la place Clichy » et la 2nde « Corps Toile » représente Doucia ‘nue’ où le cadre determine la silhouette du corps (qui a été l’affiche du salon des independants de Paris en 1988)
    Je ne suis pas dans le milieu des galeries et de ce fait je ne sais comment m’y prendre pour faire estimer ces oeuvres. Si vous le souhaitez, que pourriez-vous me conseiller ?
    Cordialement

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