Georges Perec, le verbe et l’image

Le 22 février 2012, par Jean-Jacques URVOY
pérec
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Un jour, j’ai rencontré Georges Perec, magicien des mots et des images, qui travaillait avec moi pour une agence de communication. Il recherchait des noms et les dessinait en même temps sur des petits papiers quadrillés.  Georges Perec : le verbe et l’image confondus. Le fourmillement d’idées.

Je me souviens de lui, penché sur sa feuille blanche avec son crayon noir. Je me souviens qu’il écrivait des noms possibles pour ce qui sera « Envol » de Ted Lapidus, ou les nombreuses marques de L’Oréal qui subsistent toujours aujourd’hui.

Je touchais là le fondamental de la communication puisque, aux clients, j’expliquais systématiquement chaque image, laquelle avait été « intuitivement » produite (« conçue » est le terme exact), par des créateurs. Plus tard, chez Carré Noir, j’expliquais qu’en matière de logotype « le verbe est avant l’image ». Autrement dit: bien exprimer ce qu’on souhaite faire, proposer un discours narratif sur telle ou telle image.

À cette période encore récente on avait encore en tête Barthes et Saussure.  Avec Gérard Caron, nous avons créé de grands logotypes symboliques, en inventant chaque jour des méthodologies pour créer des logotypes, reposant sur différents champs de connaissances : symboliques, philosophiques, sur la notion d’inconscient collectif de Jung qui suppose l’existence chez chacun d’entre nous, partout dans le monde, quelles que soient les cultures, les religions, d’un socle symbolique commun, d’un inconscient collectif commun.

Pour ma part je proposais de revenir à la définition même du mot logotype logos/typos, c’est-à-dire l’écriture d’un discours. A cette époque, nous demandions aux clients, lors d’audits qui n’existaient pas avant dans ce domaine, quel était leur discours d’entreprise, ses valeurs, sa culture, son projet. On auditait le personnel, les partenaires sociaux, les actionnaires, afin que chacun soit impliqué dans une démarche collective.

Cette méthodologie était  très nouvelle et on est passé, d’un coup, du stade de l’imagerie (c’est-à-dire faire des petites images sans sens qu’on appelait des « Petits Mickey », à un logo raisonné d’une façon méthodologique, presque mathématique, et nous arrivions à une couleur, à une forme logiques, relevant de l’utilisation des symboles. C’est celle que nous utilisons toujours chez Urvoy Conseil ou La simple agence.

J’expliquais donc une légende de marque à mes clients et je justifiais les formes et les couleurs : la fleur de Lotus, la vague de Biotherm, l’appropriation de le lettre A pour Auchan avec la vie au champ, les anges pour Caprice des Dieux, etc…

Et les marques étaient heureuses, du temps de Perec.

 

Image: Pérec et ses petits papiers quadrillés. Cette image est trouvée sur Google. Elle doit correspondre à un livre. Je ne trouve pas l’éditeur. S’il me contacte, je lui ferai immédiatement un lien. J’ai choisi cette image car elle est représentative de Pérec: il utilisait effectivement ce type de carnet pour rechercher des noms de marques tout en suggérant graphiquement un logotype.

 

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4 commentaires

  1. Zalmanski dit :

    Bonjour,
    J’ai apprécié votre billet sur Georges Perec ainsi que votre admiration pour ce dernier.
    C’est pourquoi je m’étonne d’y voir tout au long son nom affublé d’un accent qui fait bondir tout perecquien.
    Cordialement
    AZ

  2. Urvoy dit :

    Bonjour,
    Effectivement! Je modifie cet article cette semaine.

  3. Jean-Jacques URVOY dit :

    Et voilà! Je dois être Un Homme qui dort…

  4. L’accent m’avait bien agacée aussi ! Je vois à l’instant qu’en effet le message d’Alain vous à amené à corriger mais…pas jusqu’au bout : voyez vos commentaires en gras sur « Image » où deux accents traînent encore.
    Réveillez-vous, il ne faut pas confondre Georges et Benjamin…(Péret, qu’on aime aussi)
    Bien cordialement tout de même !
    FG

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