Corto Maltese débarque à Paris!

Le 26 mai 2011, par Jean-Jacques URVOY
corto maltese
8 Flares 8 Flares ×

Derrière La Madeleine, près de Fauchon, l’entrée de l’exposition « Le Voyage extraordinaire d’Hugo Pratt » invite à entrer à la Pinacothèque. Passionnés de bande dessinée, de planches originales, d’esquisses préparatoires, c’est le moment d’y aller. Au-delà, Hugo Pratt a inventé un personnage qui invite au voyage.

La personnalité d’Hugo Pratt est bien restituée et son rapport aux femmes dévoilé. C’est certain: timide, il a peur des femmes, se rassure en faisant porter à son héros un uniforme d’officier de marine. La houppe de Tintin est remplacée par une casquette et Corto Maltese porte l’anneau à l’orielle gauche, alors que, dans la marine italienne, c’est l’oreille droite qui était sollicitée. Question d’identité.

Le problème avec Hugo Pratt, c’est que les aventures de Corto Maltese sont si visibles, si commentées, si exposées, qu’on en oublie l’artiste somme toute ordinaire, le peintre et le sculpteur.

Mais on devine le talent dans des aquarelles simples, rapides, qui peuvent rappeler Turner. Sur le mur de l’exposition: « J’aime l’aquarelle dans ce qu’elle a d’immédiat. Dans une aquarelle, il faut être spontané, et réussir tout desuite. On ne peut rien corriger ».

Enfant, Pratt réalise déjà à 5 ans ses premiers dessins d’indiens à la suite de films qu’il a déjà vus, ceux de John Ford, de Cecil B. de Mille, de Raoul Walsh. Son héros visitera comme lui-même les pays indiens. Il visitera bien sûr l’Italie, et Venise. Et le monde entier. « La postérité ne me préoccupe pas, dit Hugo Pratt. J’aimerais simplement avoir fait œuvre utile. (…) Mon œuvre peut aider certains ou leur donner des points de départ pour leurs propres œuvres (…). Quand un livre est lu, son auteur revit dans le lecteur. C’est une sorte de réincarnation. »

Un poil macho, torturé par la mort et la postérité, Hugo Pratt est en tout cas devenu un peintre incontesté devenu un maître tout aussi incontesté de la bande dessinée.

Bon, je vais préparer mes affaires pour Florence, moi.

Photo: affiche rurale de l’exposition © Jean-Jacques Urvoy

8 Flares Twitter 0 Facebook 8 Google+ 0 8 Flares ×

Laisser une réponse