Claude Lelouch, cinéma, récit et marque

Le 25 septembre 2010, par Jean-Jacques URVOY
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Claude Lelouch construit son œuvre avec des « marques », dont il a besoin pour se donner des repères: les femmes, bien sûr, mais aussi les hommes et leur condition si réelle, les évènements, les musiques. Son dernier film, Ces Amours-là, le prouve. On pourrait penser qu’il s’agit d’un film ultime, qui résumerait tous les précédents. Non: il reprend l’histoire de sa vie, la croise avec des personnages réels ou imaginaires qui l’ont « marqué ».

L’histoire est simple apparemment. Il tombe facilement amoureuse au point d’hésiter parfois. Elle se remémore ses amants dans cette nouvelle saga, qui couvre près d’un siècle. Elle incarne les courages et les contradictions d’une femme libre, comme si elle se créait elle-même au travers les hommes.

On peut comprendre que la critique n’aime pas, parce qu’elle voit en ce film des clichés et des habitudes qui font que Lelouch fait du Lelouch: des histoires dans l’histoire, des histoires parallèles, un récit qui nous renvoie, comme un diamant, plusieurs facettes de notre propre vie, et où les « marques » développent leur propre récit. La critique s’agace avec la fin du film, où Lelouch retrace les hommes et les femmes qu’il a filmés par amour. Mais non par ego mais par hommage. Ceux qui n’aiment pas ont-ils jamais aimé?

La vie des hommes est  difficile a raconter et Lelouch y parvient. Tant de densité, de sentiments projetés, de rythme. Des côtés sombres poussés à leur limite.

Une impression d’inéluctable dans un destin écrit par avance: « Les plus belles joies d’ une vie sont celles à venir » précise l’héroïne du film nous parle aussi de « l’incroyable fertilité du chaos ».

Comme pour la vie des marques, des entreprises, des humains, les difficultés rendent fertiles le chemin qui s’annonce.


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